"Nous sommes en train de détruire tout un cycle de vie qui nous a été offert"
" Tout ce que nous venons de voir nous ressemble"
"Il est trop tard d'être pessimiste"
Regarder le film
Blog de Nora
"Nos Pays sont des oasis que nous quittons quand la source s'assèche, nos maisons sont des tentes en costume de pierre, nos nationalités sont affaire de
dates, ou de bateaux. Seul nous relie les uns les autres, par-delà les générations, par-delà les mers, par-delà le Babel des langues, le bruissement d'un nom." Amin
Maalouf
D’autres que moi auraient parlé de " racines" …
Ce n’est pas mon vocabulaire. Je n’aime pas le mot "racines",
et l’image encore moins. Les racines s’enfouissent dans le sol,
se contorsionnent dans la boue, s’épanouissent dans les ténèbres ;
elles retiennent l’arbre captif des la naissance,
et le nourrissent au prix d’un chantage :
« Tu te libères, tu meurs ! »
Amin Maalouf
"Nous sommes en train de détruire tout un cycle de vie qui nous a été offert"
" Tout ce que nous venons de voir nous ressemble"
"Il est trop tard d'être pessimiste"
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Habiba nous a invitées à manger une "Harira". Elle habite
loin. Jour férié. Pas tous les trams fonctionnent. On marche. On prend le métro. On marche again. Et, on prend un tram.
Avec Felestine et Niran on est allées. Habiba habite près d’une forêt.
Je bosse avec ces deux iraquiennes et on mange ensemble. Alors, je les comprends sans problème maintenant. Même aujourd’hui j’ai chanté au boulot, une chanson avec un accent
iraquien : « El chalb, El chalb ».
Kalb = chien chez nous. Chalb = chien chez eux. Les iraquiens utilisent le CH au lieu de la lettre K.
3ala fekra, by the way, Felestine = Palestine – Niran =
Feux.
Les syriens mangent la
« Meloukhyia » sans « yekhretou » ses feuilles. Et appelle le lait : « Halib » et le « Yaourt » : Laban. Chez les Egyptiens, Lait = Laban et
Yaourt = Zabady!
Je ne vais même pas aborder le sujet
des noms des légumes... Ouf! C'est une cata! Tout est à l’envers : Bamia, fassolia, sabanekh etc. Déjà, chez les iraquiens La moussaka =
Tabssa!
Habiba nous attend. Il fait froid.
Elle nous ouvre la porte, et s’excuse infiniment que la « Ezouma » ne soit pas grande. Elle n’a pas utilisé le même vocabulaire, mais j’ai compris et j’ai même répondu :
« Non, non déjà ya la Harira c’est trop bien.»
Ezouma = invitation …les syriens disent Azzima !
Une remarque : je parle bien le syrien maintenant : Keif ma bedekom : )
Habiba est Marocaine. Et la Harira est
une spécialité marocaine. Où ils mettent tout!
A la fin : Harira = une bonne soupe. Soupe en Egyptien = Chourba. N’importe quelle soupe. Oui.. Mais chez les Algériens, c’est une de leurs spécialités. J’ai mangé la Chourba chez
Mimi.
Habiba met la table. On mange. Ca fait du bien de manger une bonne soupe chaude quand on a froid.
Chez Habiba il fait au moins ( – 60) degré. Habiba nettoie tout. Je la félicite pour sa bonne soupe.
Elle nous dit « Non, non, attendez y a encore El-Hout ».
Et là, je craque : « Non, t’as cuisiné un Hout ? 7out! Un vrai ! Un entier ! Et tu dis que ta Ezouma est
petite !!! »
Tout le monde est mort de rire. Hout = crevettes et poissons chez les marocains, ou chez Habiba.
Hout pour les Egyptiens = Baleine = Whale en anglais :))
C’est vendredi… mon premier day-off depuis
deux mois. Je me réveille, je fais mon sac sans penser et je pars à la gare. C’est décidé : un Week-end à Paris.
Je mets dans mon sac une enveloppe contenant mes papiers les plus importants : stages, diplômes, CV etc…
A Paris. Premier jour. Je vois Elsa et Moaz.. Il ya longtemps que
je les ai pas vus. Elsa part chez ses parents vers 15h00 si je me souviens bien. Et Moaz, m’accompagne gentiment pour acheter des bottes. Ensuite, on
se balade.
A 19h00, je bois un café avec Antoine. Une conversation très sympa. Dans un endroit sympa!
Le soir, je cherche ma meilleure amie Lo (laurène) à la gare. Elle était à Luxembourg. Elle travaille sur son film : un documentaire
qu’elle a fait sur l’excision en Afrique.
Lo est folle de l’Afrique ! Sans blague!
Le soir on mange dans un resto libanais. Trop bon : Taboulé,
kobeiba ..et salata! Elle met son docu sur la télé pour me le montrer. On le regarde en buvant un thé à la menthe. Et on se casse vers 1h00 du matin.
Le lendemain, on va à « la maison des journalistes ». une petite
causerie avec philippe le manager me fait du bien.
Je fais aussi la connaissance d'un exilé d’Azerbaïdjan. « Aguil» c’est son nom. Il me raconte comment est la situation chez lui. Et
comment la guerre et la répression des autorités ont menacé son pays… Je l’invite à venir se promener avec nous.
« Aguil » ne parle pas français. Il parle un petit peu l’anglais. Ensuite, il
parle (turque, russe…etc) des langues que je vais jamais ni apprendre ni comprendre. Fin, on s’est débrouillés !
Une autre histoire : « Aguil » a trouvé un téléphone portable dans le métro. Il veut le
rendre à son propriétaire. Je l’aide à le faire. Comme d’hab, je traduis.
Moi, Lo, Moaz, Aguil et Sara, On part tous dans un parc: vert, verdure, calme, amis, causerie = beauté. Vivien ne vient pas, il va diner
avec ses parents.
Sara est une tunisienne que j’adore. On s’est connues au Caire, elle bossait pour « le petit journal » avec nous. Et depuis, on s’entend très bien nous deux! …Je suis allée la chercher devant le metro Javel, elle était cachée derrière un arbre.
Mais Sara a oublié qu’elle n’était pas transparente et que l’arbre est plus fin qu’elle. Sara, elle aussi, elle est folle!
On achète un babyliss du forum des halles. Et on rentre... Lo me fait des pates
au fromage ! Trop bons, j’ai le gout dans ma bouche maintenant.
J’ai pas pu l’aider. J’étais épuisée...je me repose un peu...Ensuite, je pars. Mon train est à 21h55. Elle part aussi en banlieue chez ses parents.
Aboud, m’attend à la gare de Midi. Aboud est un ami à moi, il est syrien, hollandais. Je m’entends bien avec lui aussi.
Bueno.
Le lendemain, je vais au boulot un peu en retard. Ghassan mon boss me montre l’heure. Je m’excuse.
Le jour d’après, je cherche l'enveloppe de mes papiers. Je la trouve nulle part.
Je m'inquiète pour cinq secondes. Et puis, je vais au boulot et j’oublie.
First, je suis occupée, et second, j’aime pas m' inquiéter. Le stress c'est chiant.
Je bosse... rien me gâche la journée. Mais, vers midi, une personne m’appelle pour m' annoncer qu’ils ont trouvé mon dossier dans le
métro et qu’il faut passer la chercher dans le service des objets trouvés……OUIIIII ....hamdoula…
Au téléphone, j’étais un peu folle, car j étais contente. Je racontais au mec comment je voulais trouver ces papiers...il s'en foutait :)
Par contre, j’ai pas trop entendu ce que le mec me disait!
Si c’était dans le magasin Relay ou si c’est devant le magasin Relay.
Décidément, je passe au magasin directement. Et j'harcèle le vendeur en lui confirmant qu’il m avait appelé :) il
me dit : Non! J'insiste. Il s'enerve :) Je sors.
Mon intelligence me guide vers un magasin de chaussures juste en face, et là, il me dit oui le service des objets trouvés est à droite... Mais il fallait le dire... au magasin Relay...!
Bon, je pars toute contente...je cherche ... je le vois pas... je le dépasse .... c'est normal....
Mais, je découvre une autre sortie du métro qui m'amène jusqu'à ma banque.
Super. Je dois y passer un jour, ils m’ ont envoyé une lettre. Mais, papiers
d’abord!
Je reprends le chemin, je trouve un petit coin des objets trouvés. Je sonne, un mec descend. Il me donne le dossier …Ah ! Ça fait du bien. Je paye, je montre ma carte d' identité et je me
dégage...
Au boulot, on parle tous la même langue…:
« l’arabe »…
Ou presque!
Le matin, Bassem me dit : « Sabaho », pour me souhaiter une bonne journée. Johnny me demande «Etrawa2ty?» pour savoir
si j’ai pris mon petit déjeuner. Et Mimi me dit « se7etein » quand on commence à manger.
Bassem est syrien, Johnny est libanais et Mimi est algérienne.
L’autre jour, Salah mon voisin est
venu me demander si j’ai une « charchafa ». J’ai fait semblant de comprendre. Et, j’ai fait l’intelligente en demandant : «t’as besoin d’une serviette,
non ?» . Il a rigolé. « Charchafa » = un drap en syrien.
Pour Siham, une marocaine qui reste chez moi, quatre jours par semaine, c’est normal de me parler tout le
temps avec sa langue. Sans problème, elle me raconte des histoires. En répétant dix fois par jour : « 3eyeiit » = fatiguée pour elle.
Pour moi, ce terme veut dire : tomber malade! Quand elle me l’a dit la première fois, je suis restée devant
elle, sans vraiment comprendre comment peut-on tomber malade tout d’un coup ?… Mais maintenant, je distingue la différence. Et je l'utilise parfois, juste pour
rigoler.
Siham ne rigole pas. Elle parle, et, parle. En Supposant, que je la comprenne, cette « langue », qui ressemble d’une façon ou d’une autre à
"l’arabe". Vu qu’ils pronocent souvent les « K », « Kaf » et les « Ch », « Chin », d'une manière très
forte!
Du Marocain, j’ai appris : « Dialo », « Zwina », « Bel Zeif », et
« Safi »…Du syrien j’ai appris : « Chou », « Che3’la », « taba3ak »,
« Keifak »…
Et désormais, je me débrouille avec «l’arabe» des autres. Obligée. Au boulot, le monde arabe, y
est.
Je comprends maintenant aussi, l’arabe des Palestiniens, des
Algériens, des Tunisiens… et, parfois celui des Irakiens...fin, je peux deviner le contexte. C’est déjà pas mal. Quant aux blagues, je n’essaye même pas.
Pour conclure: En Egypte, on ne parle pas l'arabe...mais une autre langue qu'on appelle "arabe" ... Eh OUI!
Une
famille en deuil filmée 7 jours sur 7 sous un seul toit. Voila l’idée de ce film tout à fait bizarre. "Les sept jours", film israélien de Ronit et Shlomi Elkabetz, rafraichit les mémoires pour
nous ramener dans le passé. Ce film a été choisi pour faire l’ouverture de la semaine de la critique au festival de Cannes 2008.
Loin de tout se qui se passe dans l’actualité, les Elkabetz ont décidé de faire un flash-back d’une situation amèrement vécue et difficilement digérée par le peuple juif dans une époque lointaine. Une semaine après "Valse avec Bashir", ce deuxième film israélien sort dans les salles obscures. Peut-on parler d’un élan du cinéma israélien ?
1991, guerre du Golfe. Les Koweitiens et les Irakiens sont en guerre. Mais Sadam Hussein en profite pour
tirer de temps à autre sur les Israéliens.
Le film met en lumière, pendant une 1h55, une famille israélienne qui a perdu un de ses membres : Maurice est décédé, sa famille le pleure mais pleure aussi les malheurs d’une guerre qui met le
peuple en péril permanent.
Les membres de la famille Ohayon sont tous présents, quelques vingt personnes qui ont tous ont des histoires à raconter. Dans la cuisine, les femmes discutent, dont la réalisatrice qui est aussi actrice. Elles préparent souvent les repas pour le reste de la famille, et pour les visiteurs qui viennent présenter leurs condoléances tout en causant. Parfois du défunt mais souvent de leurs problèmes et des hommes.
Dans la salle principale, les hommes ne font que manger, boire et se disputer sur l’héritage et la vente de la grande maison. Et parce que les règles sont fermes, selon les coutumes, pas de viande, ni de télé. Bijoux et maquillage ne sont pas tolérés.
Personne ne sort pendant toute une semaine. Les âmes se dévoilent. Les cœurs se durcissent puis se
radoucissent : affaires de familles.
Discussions interminables, hypocrisie, moqueries. Quelques uns craquent. C’est normal ! Il en résulte des scènes tristes, humaines. Crises. Chocs et querelles marquantes. La caméra est sur
"on".
Abondance, partout, de la couleur noire. On se réjouit quand on voit dans deux scènes seulement une couleur rouge mat. Pas de musique, même lors du générique. Ni au début ni à la fin. Que des dialogues qui commencent et qui se terminent sans logique parfois.
Devant les scènes "larmoyantes", le spectateur ne pleure pas. Pas d’émotion. Rien. Froideur des sentiments.
Les cris ne sont pas sincères. L’exagération fait disparaître l’émotion et appauvrit les scènes. Par contre, quelques scènes drôles donnent une certaine valeur au film. Et coupent le rythme
monotone des longs dialogues.
Le film s’ouvre sur toute la famille qui hurle et crie dans le cimetière. Et se termine au même endroit. Sept jours inoubliables mais surtout instructifs : voilà une famille qui a évolué, qui
s’est vue pour la première fois avec un regard nu. Et c’est là finalement que la caméra se met sur "off".
Par Nora Dardir pour l'oeil de l'exilé
Le 14 juillet est une date historique pour la France.
Jour férié. Chaque année, on le célèbre différemment dans tout le pays et surtout à Paris : ambiance gaie et programme chargé. Même si il est difficile de tout capter de l’ambiance. Voici un
reportage dans une ville qui ne dort pas, même la nuit!
Beau soleil. Ciel clair. Et brises légères. Je respire et je me dépêche pour assister au défilé que tout le monde attendait. Rues barrées.
Sorties de métro fermées. La foule est énorme et tous ont une seule destination : avenue des champs Elysées.
Claire, 70 ans, est venue de Marseille, spécialement pour passer cette joyeuse journée à Paris. Elle n’est pas la seule, plusieurs ont fait le long chemin pour s’amuser toute une journée.
Anne, mère de deux enfants, affirme avec enthousiasme qu’ils sont là "depuis 9 h et qu’ils vont tous rester jusqu'à la fin".
A 11 h, le défilé de la Garde
Nationale commence. Les fanfares commencent à jouer. Le cortège du président français fait le tour sur le rythme de la Marseillaise, en présence des dirigeants qui ont participé la veille au
sommet de l’Union pour la Méditerranée (UPM). Heureusement, cette journée est agréable, et susceptible de détourner les esprits des questions politiques.
D’ailleurs, je ne vous le cache pas, il y avait comme une anesthésie dans l’air.
A midi le défilé de l’armée prend la relève : chars, cars de police, hélicoptères et parachutes. Les bateaux mouches passent en dessous, sur la Seine. Là où les
petits yachts défilent à leur tour.
Tout se passe tranquillement. Les touristes ne peuvent pas s’ennuyer, la ville est animée le jour et brille la nuit. Les vendeurs de sandwichs sont prêts : hot dog et burgers, ça sent bon. Les
enfants ne laissent pas passer les vendeurs des gâteaux et de bonbons sans gouter leurs marchandises.
Sur l’esplanade des Invalides, on trouve des amateurs
de calme qui se posent : pique-niqueurs, joueurs de foot, bouquineurs ou même fainéants. Le vert de la terre et le bleu du ciel font oublier la fatigue de la semaine et rendent les idées
claires.
Un peu plus loin, les passants prennent des photos avec des policiers habillés à l’ancienne. Juste à côté, une foule s’apprête à ramasser quelque chose qui vient d’être jetée, oui, une boîte de
sandwichs distribuée : cadeau de l’ONU.
Après la tombée du jour, le feu d'artifice commence. Sur le champ de Mars, un concert est organisé. Avec six milles
personnes, la soirée est bien gaie. La tour Eiffel change de couleur. Paris est même plus joli la nuit. Et oui !
Dans 6ème arrondissement, j'ai failli rater une soirée superbe, et bien connue : le bal des pompiers. Il a déjà une bonne renommée. Une femme me guide, elle aussi est venue pour danser.
A l’entrée, les pompiers contrôlent la queue. Très gentils et souriants, ils nous saluent.
A l’intérieur, c’est un monde différent. Fou. Et joyeux. Toujours des pompiers qui dansent partout. Une bonne musique. Boissons pour tous. Le rythme fait bouger et la soirée enchante les
invités.
Pour terminer en beauté, des cours de tango sur les quais, qui font rêver. Il suffit de regarder et puis les entraineurs viennent inviter le public à participer.
Devant la tentation, difficile parfois d’avouer que tu ne sais pas danser…mais ça se découvre bientôt… Oups…ce n’est plus un secret!
Par Nora Dardir
Pour L'oeil de l'exilé - la maison des journalistes
Photo: N.D.
Made in Israël, le film "Valse avec Bachir" dénonce un des crimes de guerre les plus inhumains, perpétré contre les refugiés
palestiniens. Dans ce documentaire d’animation, le réalisateur israélien Ari Folman revient sur sa terrible expérience au Liban pendant la guerre. Il témoigne aussi du massacre de Sabra et
Chatila à Beyrouth-ouest. Vivement recommandé.
26. C’est le nombre des chiens tués par un ami d’Ari Folman à l’entrée des villages au Liban dans les années 80, lorsqu’il était un jeune soldat servant l’armée
israélienne. Le film s’ouvre sur cette séquence violente ; des chiens enragés qui le poursuivent dans tous ses rêves. Un récit qui amène le documentariste israélien, dès le lendemain, à partir en
quête de son propre passé.
Ancien soldat israélien, Ari Folman était jeune au moment où il a participé à l’opération "Paix en Galilée" pendant la première guerre du Liban (1982) et à l’occupation de la ville de Beyrouth. Il a de même témoigné sur un drame qui date de la nuit du 16 septembre de la même année : le massacre perpétré par les phalangistes chrétiens à Sabra et Chatila, deux camps de refugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest occupé par Israël à cette époque là. Un massacre pour venger la mort de Bachir Gemayel, président du Liban assassiné sous l’œil de l’armée israélienne le 14 septembre.
En cette nuit de violence, il fallait tuer tout ce qui bouge : humains et animaux. Et les soldats des forces libanaises ont bien appliqué les ordres avec l’aval de l’armée israélienne. Cauchemars. Conflits intérieurs. Troubles de mémoires et remords. Il fallait fouiller dans un passé loin, refoulé et presque effacé pour tout remettre en ordre. Une sorte de thérapie personnelle évidement pour Ari Folman, mais aussi pour tous autres israéliens ayant vécu pareille scène.
Un témoignage fort intéressant, qui met à nu le déchirement intérieur de tout israélien ayant une conscience et qui se pose la question de son implication au moins
une fois dans sa vie. Selon le critique de cinéma israélien Uri Klein, dans une interview publiée dans Haaretz et dans Télérama : "Valse avec Bachir est un film qui saisit l’âme israélienne avec
toutes ses contradictions et ses paradoxes. Il interroge l’inconscient israélien en explorant sa part d’ombre. (…) Ce film expose un conflit très présent dans
la société israélienne entre gauche et droite sur la question des victimes et des bourreaux."
Voyage dans le passé
Un documentaire d’animation qui parle d’une guerre, c’est une première. De même, les témoignages font que les morceaux du puzzle se regroupent pour former une seule image. Floue avant mais maintenant cohérente. Quelques soient les résultats d’un tel rassemblement, une première phase de thérapie est déjà faite. La suivante : partager son histoire avec les autres via son film. Un vrai défi. Une déclaration courageuse d’une âme blessée par ce qu’elle a vécu et découvert. Mais surtout par ce qu’elle a commis et fait. Oui. Tout cela en animation. Mais étonnement crédible.
On y trouve aussi une bonne musique, rock qui va dans le même sens. Avec une chanson bien claire : This is not a love song ! Donc, animation, rock et chanson ; une
technique pour rendre les choses plus légères à digérer, vu le lourd fardeau que porte la mémoire de l’auteur du film. Film qui délivre un message aux jeunes d’aujourd’hui, comme le dit son
réalisateur dans une interview donnée à Evene.fr : "Je voulais que les jeunes qui ne sont pas encore allés à l’armée voient que la guerre n'est pas comme dans les films américains. Il n'y a pas
d'enjeu dramatique, pas de bravoure, ce ne sont que des gens qu'on utilise. "
Tout est bien étudié. D’ailleurs, le titre définit le film : "Valse avec Bachir". C’est avant tout un appel à danser avec un soldat perdu qui s’est trouvé dans une guerre avec une arme. Et des
instructions qui disent : tire ! …. C’est aussi une invitation à partager ses angoisses et ses inquiétudes sur ces questions : Quel est mon rôle ici ? Et pourquoi je suis là ?
Un bon film sans doute, riche en émotions ; on sent un regret sincère et une déclaration claire de ne pas faire la guerre, qui laisse une grande interrogation auprès des jeunes israéliens qui ont peut-être le choix de s’impliquer. Le film ouvre aussi le débat sur la question du nombre croissant de soldats israéliens qui refusent de servir à l’armée israélienne pour les mêmes motifs humains. Pour ces raisons là, "Valse avec Bachir", provoquera évidement des polémiques en Israël, par le simple fait qu’il s’agit d’une nouvelle vision des choses. Une vision purement israélienne, honnête, qui invite à penser, et à changer si on le veut.
La fin surprend. Elle est dans un sens impressionnante et dans un autre larmoyante. Plus d’animation, mais de vraies images qui s’imposent finalement au spectateur
qui se trouve face à une vraie scène de guerre. Des images qu’on ne voit que sur la chaine Al-Jazeera, car normalement "elles choquent…" Un drame humain se déclare finalement, entre enfants tués,
femmes violées et personnes âgées ravagées. Les femmes hurlent, pleurent leurs êtres chers, désormais cadavres entassés par terre.
Critique du film par Nora Dardir
Pour la maison des journalistes - l'oeil de l'exilé
A regarder: http://www.youtube.com/watch?v=ylzO9vbEpPg&feature=related
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«Si vous êtes toujours en vie, c’est que vous n’êtes pas
encore arrivé là où vous deviez arriver» «Ne pas marchander lorsque l’occasion se présente, cela fait partie de
l’art de vivre» «Nous avons marché si vite que nous ne savons plus
ce que nous faisons. maintenant nous devons attendre que nos âmes nous rejoignent» «Là où la dureté ne fait que détruire, la douceur parvient à sculpter»«Etre ensemble avec un but commun et permettre que chacun se
développe à sa manière, voilà le
chemin de ceux
qui désirent communiquer avec Dieu»«Celui qui vole pour moi finira par me voler» «Certaines choses dans la vie portent le sceau qui dit :Vous ne comprendrez ma
valeur que lorsque vous
m’aurez perdu et retrouvé »«Celui qui pardonne nettoie et parfume son propre cœur» «Si nous sommes tolérants envers les autres il nous est
plus facile d’accepter nos propres erreurs » «Ne laissez jamais l’habitude commander vos actes » «J’ai gaspillé ma vie, c’est l’une des pires phrases que l’ont puisse entendre» «Si quelque chose vous insatisfait, arrêtez-vous sur-le-champ »
Paulo
Coelho
«Pour nous, le faire est révélateur de l’être, chaque geste
dessine des figures nouvelles sur la terre, chaque technique, chaque outil est un sens ouvert sur le monde, les choses ont autant de visages qu’il y a de manières de s’en servir. Nous ne sommes
plus avec ceux qui veulent posséder le monde mais avec ceux qui veulent le changer »
Jean-paul
Sartre
«En vérité, ce monde était d’une cruelle simplicité, mais les grands penseurs à qui avait été dévolue la tâche de l’expliquer aux profanes ne pouvaient se
résoudre à l’accepter te quel, de peur d’être taxés d’esprits primaires. Par ailleurs, on courait trop de risques à vouloir expliquer les choses d’une manière simple et
objective.»
Albert Cossery
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