Vendredi 16 mai 2008
Actuellement, à Mansoura, un gouvernorat hors Caire, les habitants vivent dans la misère. Devant les boulangeries de "Eish" pain, les foules s’entassent et les bagarres se multiplient. Une ménagère s’est d'ailleurs fait tuée dans ces queues

"Ma mère est descendue nous acheter du pain, et elle n’est plus revenue. On a appris plus tard qu’elle avait été piétinée et qu'elle est morte" a lancé Mahmoud, 10 ans.
Comme tous les jours, cette ménagère de 43 ans réveille son enfant tôt pour aller à l’école. Ensuite, elle descend chercher du pain.
Aujourd’hui, une nouvelle loi est mise en place : pas de vente de pain après 9h00. Il est déjà 8h00. L’ambiance est tendue, tous souhaitent une seule chose : pouvoir récupérer quelques galettes! 
L’heure attendue s’approche. Tous sont munis d’un "Gueneih" à la main, une livre égyptienne (10 centimes). Ils se poussent, se tapent. Pour arriver à cette petite fenêtre en bois qui s’ouvre et se referme en un clin d’œil pour jeter quelques galettes sur un carton.
La foule est énorme et les gens se disputent pour y trouver une place. La mère insiste, sinon ses enfants ne trouveront rien à manger cet après midi.
Une lutte pour survivre. La petite fenêtre s’ouvre, les gens deviennent fous et font tout pour s'emparer de leur "trésor alimentaire".
Voisins avant, adversaires maintenant, ils n’ont qu’une seule image dans leurs têtes : leurs enfants la faim au ventre.
Un jour on mange, un jour pas!
Les bousculades se durcissent, la mère tombe à terre, elle crie, personne ne l’entend. Les autres la piétinent, l’écrasent et personne ne le remarque. Un peu plus tard, ils la trouvent allongée sur le sol. Certains continuent à faire la queue, toujours l’image de leurs enfants les oriente et les guide. D’autres choisissent de ne pas manger ce jour-là pour l’aider, en solidarité. A l’hôpital, aucun médecin n’est là. Les équipements ne fonctionnent pas. Le temps passe. Elle meurt. 
Hamed son mari est chauffeur. Le jour où il reçoit une commande, une livraison, un transport ou autre, est le jour où il achète à manger. Les autres jours? "Ils ne mangent pas, tant pis!" affirme-t-il.
Dans ces quotidiens difficiles pour des personnes aux revenus ridicules, moins d’un euro par jour, désormais d’acheter du riz et des pâtes.
Dite subventionnée, la galette est ronde, presque noire et dure. "Pas de saveur, pas de goût. On la mange quand même" affirme Om Mohamed.
Ils ne peuvent pas se plaindre. Après la flambée des prix qu’a connu le marché égyptien, le pain remplace tous les autres produits alimentaires. Le pain est désormais devenu la seule nourriture abordable pour des milliers de familles en Egypte.     
En revanche, le quota de chaque person
ne est bien déterminé : entre 10 et 20 galettes par jour, quelque soit le nombre des membres de la famille.


 Nora DARDIR. (www.lepetitjournal.com – Le Caire – Alexandrie) vendredi 16 mai 2008
par Nora Dardir publié dans : Egyptosphère
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Mercredi 14 mai 2008

 
La Terre sainte. En 1882, après que le docteur Leon Pinsker eut relancé l’idée du retour des Juifs d’Europe en Palestine, une première colonie juive est établie à proximité de Jaffa. Puis, alors que sévit en France l’affaire Dreyfus, un Juif hongrois, Théodore Herzl, publie en 1896 L’Etat juif, essai d’une solution moderne de la question juive. En organisant le premier congrès juif à Bale, un an plus tard, il devient le père du «sionisme», (du mot Sion, qui désigne une des collines de Jérusalem et est devenu synonyme de la Ville sainte) en proposant la création d’un Etat juif en Palestine, arguant des droits inaliénables du peuple juif sur la Palestine, la « Terre promise ».

L’immigration juive se développe rapidement, et en 1909 est fondée la ville de Tel-Aviv. Les initiatives du  président de l’Organisation sioniste mondiale, Chaïm Weizmann, reçoivent finalement l’appui des britanniques, et le secrétaire d’Etat au Foreign Office, lord Balfour, publie le 2 novembre 1917 une déclaration dans laquelle son gouvernement « envisageait favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ». La Palestine et la Transjordanie sont placées sous administration britannique en 1920, l’immigration juive s’accroit, et les premiers heurts avec les Arabes apparaissent.
Lors de l’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne en 1933, puis durant les sombres années qui suivirent, l’arrivée massive de Juifs d’Europe provoque une nouvelle révolte arabe en 1936, amenant à imaginer la création d’un Etat juif sépare en Palestine même.
Les Britanniques aspirent de leur coté à quitter la Palestine après le second conflit mondial. L’affaire est confiée à l’ONU, qui, le 29 novembre 1947, vote la résolution 181 établissant un plan de partage de la Palestine, qui sera divisée entre un Etat juif, un Etat arabe et une zone internationale comprenant les Lieux saints de Jérusalem et de Bethléem, et met un terme à la tutelle britannique.

 La proclamation de l’Etat d’Israël. Le 14 mai 1948, l’Etat d’Israël proclame son indépendance. Une initiative qui n’a pas été acceptée par les pays arabes.
Dès le lendemain, les armées arabes de Transjordanie, d’Egypte et de Syrie, auxquelles se sont jointes des troupes libanaises et irakiennes, attaquent le nouvel Etat.
Entre le 23 février et le 20 juillet 1949, grâce aux negociations menées par les Nations unies, un accord de paix est finalement conclu, tandis que la victoire israélienne lui permet d’agrandir son territoire de 30% supplémentaires en annexant la Galilée et le Néguev, ainsi que la zone occidentale de Jérusalem.
Désormais, la Cisjordanie est partagée entre l’Etat hébreu et la Transjordanie, et la bande côtière de Gaza est mise sous la tutelle de l’Egypte. A l’issue de ce partage, 800 000 Palestiniens sont contraints de s’exiler. Leurs villages étaient détruits, leurs biens confisqués…
De plus, si les Nations unies ont décrété, dès le 11 décembre 1948, le droit des refugiés au retour ou à des compensations, cette résolution 194 ne sera jamais appliquée. Environ 150 000 Arabes palestiniens pourront rester en Israël, mais bien que disposant du droit de vote, ils seront soumis jusqu’en 1966 à une administrative militaire.

Retour des Juifs. Israël lance une politique de peuplement intensif de son territoire, et en 1950, David Ben Gourion, chef du gouvernement, annonce le «droit au retour» de tout Juif désirent immigrer en Israël, ce qui provoque de nouvelles arrivées massives, en particulier en provenance des pays arabes.

Six ans plus tard
, alors que Gamal Abdel Nasser vient de prendre le pouvoir au Caire, les autorités israéliennes s’inquiètent de découvrir que le nouvel homme fort égyptien lance rapidement un programme d’armement, qui pourrait, à terme, les menacer. Elles décident de se joindre à l’opération franco-britannique de Suez d’octobre 1956 en lançant une offensive réussie sur la Sinaï. 
 
Les années 60 voient resurgir la question palestinienne lorsqu’en 1964 est créée, à l’initiative de Nasser l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont la Charte (établie en 1967) proclame la récupération de l’ensemble de la Palestine et la destruction de l’Etat d’Israël, à laquelle se joint l’année suivante le Fatah, dirigée par Yasser Arafat. Ce dernier prendra la direction de l’OLP en 1969, après s’être affranchi de toute tutelle arabe. C’est dans un contexte tendu, alors qu’Israël est amené à réprimer sévèrement les actions armées palestiniennes menées depuis les pays arabes voisins sur son sol. 

Nasser décide de fermer le golfe d’Aqaba aux navires israéliens le 22 mai 1967. Le 5 juin suivant, surnommé « guerre des Six-jours », le troisième conflit israélo-arabe sera extrêmement rapide : Tsahal (l’ancienne Haganah) envahit à la fois la péninsule du Sinaï, la Cisjordanie, la bande de Gaza et une grande partie du plateau du Golan. Le gouvernement israélien fort de sa victoire, en profite pour designer Jérusalem comme capitale à  la place de Tel-Aviv, après avoir pris la partie arabe à  l’est de la Ville sainte jusqu’ici sous autorité jordanienne.

A l’humiliation
vécue par les pays arabes s’ajoute alors à nouveau la question des refugiés, puisque 250 000 Palestiniens émigrent dans des camps en Jordanie (la (Transjordanie était devenue la « Jordanie » en 1950 après avoir absorbé la Cisjordanie), au Liban et en Syrie.
1 millions de Palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie se retrouvent sous occupation israélienne tandis que le gouvernement de Golda Meir, rejetant toute tentative de négociation, notamment le plan américain Rogers, entame une nouvelle colonisation des territoires conquis.

Le 22 novembre
, les Nations unies proclament cependant la résolution 242 stipulant qu’Israël doit rendre les zones nouvellement occupées : ni le nouveau statut de capitale de Jérusalem ni l’occupation de Gaza et de la Cisjordanie ne sont reconnus par la communauté internationale ; un premier échec pour la politique de sécurité israélienne, qui, comptant se servir également du Golan et du Sinaï comme monnaie d’échange, se retrouvera en définitive contrainte d’affronter un nationalisme palestinien exacerbé et une intransigeance accrue des pays arabes.   

 Et peu à peu, la révolte des pierres s’essouffle…


 
Source : Conflits au Proche et au Moyen-Orient
                   Sophie Chautard

http://www.youtube.com/watch?v=29H17jzWhec&feature=related

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Bush: Like U.S., Israel Stands for Peace

President Bush wishes Israel a happy 60th birthday, saying the United States is the nation's oldest and best ally. He made the remarks at a gala celebration in Jerusalem. (14 of May 2008)


http://www.youtube.com/watch?v=O2XB-1XOHCI

par Nora Dardir publié dans : A chaque jour son histoire!
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Jeudi 8 mai 2008

Israël interdit l’entrée en Palestine à la cinéaste Annemarie Jacir, dont le film fait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 2008

 

Officiellement sélectionnée pour l’édition 2008 du Festival de Cannes qui aura lieu le mois prochain, la cinéaste palestinienne, Annemarie Jacir a été interdite d’entrée en Palestine le 30 avril dernier à la frontière jordanienne.


Une femme en uniforme bleu est venue vers moi avec mon passeport à la main et quatre agents de sécurité derrière elle.
Elle m’a remis mon passeport et a dit : « Le ministère israélien de l’Intérieur a refusé votre entrée. »
Je lui ai demandé s’il y avait un motif.
Elle a répondu : « Vous passez trop de temps ici. »
J’ai été ensuite expulsée : escortée par deux des agents à l’extérieur du terminal et mise dans un bus à destination de la Jordanie. dit-elle.

Annemarie, qui est originaire de Cisjordanie, n’a pas été autorisée à entrer en Palestine pendant neuf mois, ce qui signifie que certaines de ses dernières prises de son film n’ont pas pu être tournées en Palestine et elle a dû les tourner dans un autre endroit, avec la coopération des Français de Marseille.
Israël continue de refuser à des centaines de personnes l’entrée à la Palestine, y compris à des cinéastes remarquables comme Jacir, et ce en toute impunité.
Le sel de la mer, le premier long métrage d’une réalisatrice palestinienne, raconte l’histoire de réfugiés de troisième génération en quête de liberté et est une commémoration de la Nakba.
Soraya, 28 ans, née et élevée à Brooklyn, décide de rentrer s’installer en Palestine, le pays d’où sa famille s’est exilée en 1948.

 
Histoire du film : Dès son arrivée à Ramallah, Soraya cherche à récupérer l’argent de ses grand-parents gelé sur un compte à Jaffa mais elle se heurte au refus de la banque. Sa route croise celle d’Emad, un jeune Palestinien qui, au contraire d’elle, ne souhaite qu’une chose, partir pour toujours.
Pour échapper aux contraintes liées à la situation du pays mais aussi pour gagner leur liberté, Soraya et Emad devront prendre leur destin en main quitte à transgresser les lois. Dans cette course à la vie, ils nous emmèneront sur les traces de leur Histoire en Palestine perdue.

Source : l’Association France Palestine Solidarité

par Nora Dardir publié dans : Qu'est-ce qui se passe ailleurs?
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Lundi 5 mai 2008

  Il est 5 heures du matin. Nous sommes déjà à Mahalla El-Kobra. Là où les émeutes étaient les plus chaudes le 6 Avril dernier. En revanche, il parait que la grève est forcement pacifique cette fois-ci : le 4 Mai à Mahala, rien de  particulier. Les Egyptiens n’ont même pas le droit de célébrer l’anniversaire de leur président!  Le silence règne, les magasins fermés et la police partout.  


Le syndicaliste dont nous devrions interviewer s’est désisté à la dernière minute : «Je suis épuisé, je ne peux pas descendre de chez moi aujourd’hui.» lance-t-il le matin au téléphone.

Décidément, il nous a fait venir jusqu’ici pour rien. Il a eu peur à la dernière minute. La veille, il était d’accord : « les manifestations n’auront pas lieu demain, tout le monde porte un haut noir  au boulot. Et un boycott de consommation durera trois jours. Mais si les policiers commencent à lancer des lacrymogènes et de tirer comme le jour du 6, nous allons réagir! C'est important que vous soyez là!» affirme-t-il

A 9 heures, seuls certains petits kiosques sont ouverts. Une ville morte. Pas de transports en communs. Rien!

 Yeux baissés, les quelques passagers, suivent leurs chemins. Pourtant, les policiers sont partout et soupçonnent tous les passants.

Une voiture immatriculée « Privée le Caire » a soulevé les soupçons : La nôtre!
Un homme en civil note le numéro de la plaque. Il a vu nos cameras. Comment faire? Pense-t-on? On se gare relativement loin. A l’ombre pour ne pas attirer l’attention. Mais assez près pour ne rien rater.
Une heure plus tard, une voiture de police s’arrête devant nous, les policiers nous demandent: «Ce qu’on fait là?»
Spontanément, j’invente une histoire : «Ils sont mes amis, on est venu pour passer la journée ici, mais apparemment ce n’est pas le bon jour! Pas un seul resto ouvert, on a faim.» dis-je en souriant.
Ma réponse ne semble pas convaincre le policier, ni son chef qui vient plus tard: Une égyptienne, visiblement pas originaire de Mahala, deux étrangers et un chauffeur. C’est du déjà vu !
 Surtout qu’il n’y a pas longtemps, un journaliste américain et sa traductrice ont été arrêtés dans la même zone. 
Il monte en voiture avec nous et on va jusqu'au rond-point El-Chaune, là où une dizaine de grandes voitures de polices sont installées. Toutes les émeutes du 6 Avril s'y sont passées.
«Vos pièces d’identités!»
On les sors. Ensuite un officier vient me demander de descendre de la voiture. J’obéis.
Effectivement, pour eux, je suis la seule personne responsable : de la situation et de la traduction! Ils ne parlent même pas un mot anglais ces officiers ! 
Ils me font entrer dans une pièce, où se trouve un bon nombre de grands policiers.
Des plats de Kebab et du Tehina sur une grande table. C’est pourquoi ils sont tous gros! Mais tous les restos sont fermés!  
Je commence à inventer des scènes, voire faire du théâtre. Mais rien ne les convainc. Surtout après l’arrivée de l’officier qui nous a vus deux jours avant à Mahala et qui nous a obligés à partir!  La situation se complique. Il me regarde et me dit : «Toi ! Encore une fois!»
«Et si on trouve un seul officier sur vos images!»
Un policier m’accompagne jusqu'à la voiture et la fouille. Il confisque les cameras et ferme la voiture en nous obligeant à y rester. Quatorze policiers nous entourent. Bloqués nous les trois derrière. Il fait chaud.
Le grand officier revient. Et m'affirme : «Si on trouve un seul policier sur vos images, vous êtes en prison!»
Ensuite, il nous demande de donner nos portables. On refuse. Ils insistent. On donne. Il me demande ma carte Sim. Il y a quelques minutes que je l’ai mise dans la poche de mon jean. Ils insistent. J’insiste. Il tire mon sac. Vide tout ce que j’ai sur le toit de la voiture.
Je cris : «Laisse», et je pousse la porte pour descendre. Il frappe fort sur la portière en me fixant le regard aux yeux. Je me calme un peu.
Il fouille tout. Je déteste qu’on fouille dans mes affaires. Ca m’énerve. Mais, je ne craque pas. Il me fait sortir mon MP3, dont il ignore l’utilité et me demande si ça filme? «Non, c’est pour écouter de la musique» je réponds.
Il passe mon appareil numérique à un autre policier. Je n’aime pas ça! En plus, ils ne savent même pas comment l’allumer. Je l’allume, et je leur montre qu’il n’y a pas de photos. 
Un autre vient, il m’oblige à le suivre, là où se trouvent les deux plus hauts officiers. Ils me cuisinent. Tant de questions. Tant de menaces : «Vous trois, si on vous trouve encore une fois là, on vous arrête sur le champ!» 
Je dis : «C’est mon pays, vous m’interdisez de visiter ses gouvernorats», l'un d'eux me dit «Voilà, tu as tout compris. Prochaine fois, il n’y aura pas de merci comme cette fois-ci!»

par Nora Dardir publié dans : Journal de Nora
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Mardi 29 avril 2008

"Fille de facebook", comme on l’appelle dans la presse égyptienne maintenant. Israa Abdel Fatah a été emprisonnée pour avoir créé sur Facebook un groupe approuvant la grève du 6 avril. 18 jours plus tard, elle a été relâchée

Condamnée pour avoir "incité à faire la grève du 6 Avril dernier". Pour  Israa Abdel Fatah, 28 ans, il est hors question de commettre à nouveau un tel "crime". Le fait qu’elle ait passé quelques jours en prison, l’a changée. Israa se dit dorénavant "repentie" ! 
En outre, elle le dit haut et fort : "Je ne me suis pas renseignée sur la prochaine grève du 4 mai. Et je ne vais jamais y participer."

Israa raconte son histoire au quotidien indépendant El-Masry El-Yaom : "On était dans un café lorsque des hommes habillés en civil sont venus nous forcer à les suivre et à monter dans un microbus" lance-t-elle.
Ensuite ils les ont obligés à monter dans une voiture de police. Et après avoir fait le tour du Caire pendant 5 heures, ils les ont déposés au commissariat de police de Qasr el-Nil, où elle a appris ce qui se passait.
"J’y ai passé la nuit, accroupie, juste à côté des toilettes. Et le matin, la voiture est venue pour nous amener à la prison El Qanater, j’étais effrayée", poursuit-elle   
En prison, les gens n’étaient pas au courant de la grève. La situation d'Israa s'est donc révélée compliquée. Elle a dû expliquer la raison de sa détention aux prisonnières. Certaines étaient sévères avec elle. D’autres gentilles. Finalement ils ont compris que c’est la politique qui l’avait amenée là.

Une soudaine libération
Le jour de sa libération, tout son quartier a fait la fête. Décorations, musique et yoyos, les Mabrouk venaient de partout. Bassel Adel, secrétaire adjoint du parti El-Ghad, et Gamila Ismail, femme d’Ayman Nour, ex-dirigeant du dit parti et emprisonné en ce moment, l’attendaient pour la féliciter.
De son côté, son oncle a affirmé qu’"ils ont appris les nouvelles de la détention d’Israa via la presse." Tout en ajoutant "qu’ils se sont débarrassés de l’ordinateur et qu’Israa n’en aura plus rien à faire".
D’ailleurs, Israa a souligné son désir d’aller avec sa mère en Arabie Saoudite pour faire El-Omra, le petit pèlerinage, et y rester pour de bon. Mais elle est rapidement revenue sur ses paroles : "Je ne peux pas, c’est mon pays et j’ai bu de son Nil".

Libérée le 23 avril. Un jour avant, sa mère avait fait appel au Président, sa femme et au ministre de l’Intérieur, dans la presse égyptienne. Le lendemain, elle n’a pas tardé à recevoir un appel téléphonique de la part d’un des hauts responsables, pour lui annoncer la bonne nouvelle. "Tout en me demandant de prier pour eux pendant mon pèlerinage, notamment pour le Président", affirme-t-elle.


Nora DARDIR. (www.lepetitjournal.com - Le Caire/Alexandrie) mardi 29 avril 2008
par Nora Dardir publié dans : Egyptosphère
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Vendredi 25 avril 2008

 

Comme c'est merveilleux de me reposer après deux semaines de fatigue et de stress.
De vouloir dire : Khalas ! Basta !

Interprète pour une équipe qui bossera sur les problèmes des enfants des rues, mon rôle était important. Car parfois les expressions sur les visages de ces quelques égyptiens me poussaient à développer d’avantage dans le même sens. Même si le formateur ne le fait pas.

Une nouvelle expérience sans doute. J’étais d’une manière ou d’une autre, une des formateurs et l’interprète. 

Très difficile. Moi-même je n’ai pas eu cette formation. Avec ses termes médicaux et très techniques.

Passant par des études des cas, des fiches à remplir, des interventions à traduire. Ce n’était pas facile. Surtout quand il s’agit d’un dialogue. Je traduisais dans les deux sens. Arabe français et vice versa. Un peu d’imagination : Tennis de table. Le sport ! Je n’étais pas la table, mais la balle : ) 
Je buvais 2 ou 3 cafés chaque jour pour mieux me concentrer. Et bien réagir dans les deux langues à tout moment.  

La formation durait six jours. Dont trois traitants des thèmes généraux. Et trois jours de formation psychologique.  Celle de l’enfant !

J’ai pas fait des études en psychologie moi.

Les trois premiers jours étaient ok. Difficile toujours mais Mafish moshkela kebira!  Les trois derniers jours Kan fih Moshkela kebira !

En fait, monsieur le psychologue. Le formateur, je veux dire, lui manquait une chose dans ses paroles. Tout simplement le fil qui lie ses idées!

 Je m’explique. Il commence à parler d’un enfant qui vit dans la rue et qui souffre d’une maltraitance. Bien tout ça. Sauf qu’il ne termine pas sa phrase.

Soudainement, il s’arrête. Il plaisante un peu. Il raconte une autre histoire. Je la traduis. Il me demande si je vais rédiger un article sur eux.

Puis de traduire un certain mot. Qui n’a rien à voir avec ce qu’il dit. Et de le rédiger dans son carnet.  

Ensuite, moi je devais me souvenir de ce qu’il a dit au début pour le traduire aux «spectateurs».  Impossible! 

Parfois, ses phrases ne donnaient aucun sens. Et par conséquent, les miennes aussi!

Ca me dérangeait énormément le fait de traduire sans réussir à me rendre compte de l’information donnée. Or parfois il y en avait aucune!

C’était dur. Mais je me suis ensortie. Je me suis mise à la place de l’équipe : C’est dommage de rater la formation pour ça. Tout en essayant de transmettre l’idée à tout prix!

Au final, la formation était réussie. Le psychologue m’a beaucoup remercié pour ma patience et mon super travail. Car normalement les traducteurs pètent un plomb avec lui. C’est ce qu’il m’a dit !

Tout en ajoutant: «Quand tu seras un jour ma traductrice dans une conférence scientifique, je te présenterai à tous mes collègues car t’es la seule à m’avoir supporté.»
J’allais pleurer!

par Nora Dardir publié dans : Journal de Nora
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Dimanche 20 avril 2008
En 2005, Mohamed El-Hebeishy décide de recommencer à zéro. Il abandonne son poste pour redécouvrir son pays : l’Egypte. Photojournaliste et éditeur de son bouquin "Egypt Rediscovered", Mohamed est fier de son petit bébé


"Parce qu’on ne vivra qu’une seule fois. Il vaut mieux passer notre temps à faire ce qu’on aime" affirme Mohamed.
Traits égyptiens : cheveux frisés, longs et attachés. Teint foncé et sourire généreux. Il a sans doute l’air d’un voyageur. Il parle l’arabe, mais répond à toutes les questions en Anglais. D’un petit coin, sur le sol, ordinateur sur les genoux, Mohamed raconte son histoire. Etudiant en école de commerce section anglaise, ensuite analyste financier dans une boîte privée, la vie était belle pour ce jeune égyptien. Un bon salaire. Un bon poste. "Que rêve-t-on de plus ?"
Malgré tout, son boulot ne le passionnait pas. Décision prise : changement de carrière. Mohamed abandonne tout pour écrire, photographier et publier. Pour un amateur de voyages, changer son mode de vie est facile, voire nécessaire. "La routine tue" confie-t-il.
Actuellement photojournaliste pigiste pour les revues anglophones Daily News, Horus et Egypt Today, Mohamed continue à encourager les gens à découvrir leur pays.

Un livre, une expérience de vie
L’esprit ouvert et l’amour du désert ont fait de lui un passionné d’aventures. Cela fait trois ans qu’il mène une vie de voyage. Et c’est dans cette vie-là qu’il s’est trouvé ! Pour Mohamed les frontières n’existent pas. Son dernier voyage au Soudan lui vaut une expérience de vie. Son slogan : "Voyager n’est pas un verbe, c’est un style de vie". Il nous confie une anectote : en arrivant dans le désert en 4X4, les gazelles, sensibles au moindre bruit et au moindre déplacement de véhicule à moteur, s’échappent aussitôt. Et Mohamed perd sa photo. D’où l’idée ancestrale d’un chameau pour un tel voyage. "J’ai passé trois jours dans le désert, rien que pour capturer une image d’une gazelle. On a pris des chameaux, moi et mon guide bédouin" précise Mohamed. Chaque image dans son bouquin a deux histoires. Une racontée et une autre incrustée dans sa mémoire, sa vie. N'hésitant jamais à prendre des risques, il a préféré se lancer lui-même pour la publication de son livre. Et le travail ne tarde pas à porter ses fruits. Son livre a eu beaucoup de succès, et les lecteurs l’apprécient énormément. "Mon bouquin n’est pas seulement un bouquin mais aussi deux ans de longues expériences" lance Mohamed tout fier. "Celui qui n’a pas de racines, n’a pas d’avenir, conclut-il, c’est pourquoi j’ai consacré deux ans de ma vie à refaire l’Egypte, mon pays. Et je ne le regretterai jamais".

Nora DARDIR. (www.lepetitjournal.com – Le Caire) jeudi 17 avril 2008
par Nora Dardir publié dans : Portrait de
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Mercredi 16 avril 2008

A 88 ans, Gamal al-Banna, frère cadet du fondateur des Frères musulmans, met sur pied une nouvelle organisation : la Fondation pour la Renaissance Islamique. C'est le fruit de soixante années de réflexion sur l’Islam, pour mieux le faire renaître

Gamal al-Banna accueille ses hôtes dans son appartement, d’où il sort peu. Sur son bureau s’accumulent des piles de livres et de feuilles de papier. Les murs sont tapissés de livres, la lumière est tamisée. Dans cette antre du savoir, il présente ses positions avec une vivacité d’esprit étonnante.
Depuis la publication en 1946 d’Une Nouvelle démocratie, il n’a cessé d’écrire sur des sujets aussi variés que le droit des femmes ou la République de Weimar. Il a peu à peu affiné sa vision de la société idéale. Une société "où la religion doit quitter le domaine du politique", où l’interprétation du Coran est offerte à tous. "Le Coran est un guide en lui-même", dont l’harmonie musicale est aussi "puissante qu’une symphonie de Beethoven", explique-t-il.
Al-Banna perçoit la société musulmane comme une société de justice. Il reflète ici une pensée islamique traditionnelle où la justice est plus importante que les libertés. C’est la clé "d’une société raisonnable et accomplie" selon lui. Pour cela, aucun besoin de l’Islam dans la sphère publique ; il faut des ONG, des syndicats, des partis politiques.

Selon lui, les jurisprudences islamiques établissent des "lignes fixes"
Le Coran offre une liberté d’interprétation suffisamment large pour trouver des réponses aux questions actuelles. Ainsi énonce-t-il douze principes dans le manifeste de la Fondation pour la Renaissance Islamique qu’il dit être tirés directement du Coran. Il revendique que l’objectif de l’Islam est de préparer l’être humain à hériter de la Terre, que l’interprétation du Coran doit être adapté à l’époque dans laquelle nous vivons.
A l’opposé des revendications de son frère Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans -"qui échoueront" clame-t-il, il prône un abandon de "la notion insoutenable que l’Islam doit être à la source et gouverner tous les aspects des actions et pensées humaines". Il se prononce en faveur de la liberté d’expression et de croyance et de l’égalité entre hommes et femmes, car ces dernières ont souffert de textes salafistes fondés "sur des paroles de Muhammad fabriquées ou dont l’origine n’est pas certaine".
Mais, Gamal al-Banna est pragmatique. Il ne travaille pas pour la génération actuelle. Il donne cinquante ans à ses idées avant qu’elles ne puissent se répandre complètement. Il s'y est résolu : "C’est très dur de faire évoluer les choses en matière de tradition et de religion."

Vivien PERTUSOT. (www.lepetitjournal.com - Alexandrie) mardi 15 avril 2008
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Un morceau d'un autre article  sur al-banna by Yasmine Saleh on Daily News Egypt

Islamic thinker Gamal El Bana, on the other hand, believes that nothing in Islam prevents Muslim women from becoming presidents.

"The only criteria that presidents should be judged on is their efficiency to run the state, gender has no role to play … if the female candidate is better than the male candidate then she definitely should be chosen," El Bana said.

El Bana believes the Quran, holy book of Islam and main source of Sharia, does not indicate that Muslim women are prohibited from becoming presidents.

"The Queen of Sheba was acknowledged in the Quran for her sound rule and wisdom," El Bana added

par Nora Dardir publié dans : Sortir des clichés
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 «Si vous êtes toujours en vie, c’est que vous n’êtes pas encore arrivé là où vous deviez arriver» «Ne pas marchander lorsque l’occasion se présente, cela fait partie de l’art de vivre» «Nous avons marché si vite que nous ne savons plus ce que nous faisons. maintenant nous devons attendre que nos âmes nous rejoignent» «Là où la dureté ne fait que détruire, la douceur parvient à sculpter»«Etre ensemble avec un but commun et permettre que chacun se développe à sa manière, voilà le chemin de ceux qui désirent communiquer avec Dieu»«Celui qui vole pour moi finira par me voler» «Certaines choses dans la vie portent le sceau qui dit :Vous ne comprendrez ma valeur que lorsque vous m’aurez perdu et retrouvé »«Celui qui pardonne nettoie et parfume son propre cœur» «Si nous sommes tolérants envers les autres il nous est plus facile d’accepter nos propres erreurs » «Ne laissez jamais l’habitude commander vos actes » «J’ai gaspillé ma vie, c’est l’une des pires phrases que l’ont puisse entendre» «Si quelque chose vous insatisfait, arrêtez-vous sur-le-champ »
Paulo Coelho
«Pour nous, le faire est révélateur de l’être, chaque geste dessine des figures nouvelles sur la terre, chaque technique, chaque outil est un sens ouvert sur le monde, les choses ont autant de visages qu’il y a de manières de s’en servir. Nous ne sommes plus avec ceux qui veulent posséder le monde mais avec ceux qui veulent le changer »
Jean-paul Sartre
«En vérité, ce monde était d’une cruelle simplicité, mais les grands penseurs à qui avait été dévolue la tâche de l’expliquer aux profanes ne pouvaient se résoudre à l’accepter te quel, de peur d’être taxés d’esprits primaires. Par ailleurs, on courait trop de risques à vouloir expliquer les choses d’une manière simple et objective.»
Albert Cossery

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