Retour sur les différentes réceptions de L’orientalisme d’Edward Saïd.
Critiquée ci, accueilli là, L’Orientalisme ne cesse de raviver
les débats. Le Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales s’est intéressé à l’impact de cette œuvre en orient et en
occident.
Datant de 1978, cet ouvrage de référence d’Edward Saïd a lancé un défi à
un Occident enfermé dans sa vision figée de l’Orient.
Pour cet Américain d’origine palestinienne, ancien de Princeton et Harvard, ce courant artistique et
intellectuel ne voyait dans « l’Orient qu’un « autre » muet ». Pour lui, l’idée du dialogue entre l’Europe et l’Orient était tout simplement
« absente ». Partant de cet autre, Saïd a décidé de tout remettre en question.
Aux
Etats-Unis, comme en Angleterre, l’ouvrage d’Edward Saïd a représenté un nouvel essor pour un orientalisme qui venait d’être enterré. Violemment critiqué par les uns, mal compris par les autres,
ce livre a entrainé deux reactions majeures.
Ainsi, certains ont perçu cette thèse comme anti-européenne, alors que d’autres y voyaient une propagation
de l’idée selon laquelle l’Occident a violé les droits des musulmans et des arabes.
Co-directeur de l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman a Paris, Hamit Bozarslan estime que « la réception était sceptique au début, mais suite à
une lecture attentive, le néo-orientalisme d’Edward a gagné du terrain dans un monde où la créativité a pris fin, notamment en Algérie et au Maroc ».
L’œuvre de Saïd a pu être perçue comme un recours pour les arabes,
son contenu étant plus favorable à une civilisation qui a ainsi trouve dans ce «néo-orientalisme» une machine à sauver tout un héritage mis en
question.
Nora
Dardir
Les Echos du Pavillon


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