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  • : Ahlan wassahlan sur mon blog! Je suis née en Egypte, je suis une jeune journaliste et traductrice et je veux tout changer! Noraldine22@yahoo.com

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D’autres que moi auraient parlé de " racines" …

 Ce n’est pas mon vocabulaire. Je n’aime pas le mot "racines",

et l’image encore moins. Les racines s’enfouissent dans le sol,

se contorsionnent dans la boue, s’épanouissent dans les ténèbres ;

 elles retiennent l’arbre captif des la naissance,

 et le nourrissent au prix d’un chantage :

 « Tu te libères, tu meurs ! »

Amin Maalouf

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Egyptosphère

Lundi 12 février 2007

 Coup de gueule pour toutes les femmes d'Egypte !  

Pssstttttt, Boss Boss, Eih Dah, Boss El Gaya Dyh, Eih El Gamal Dah, Eih El Assal dah, Malak ya gamil, Shouf Shouf, Ya Amar, El Gamil Lewahdo Leih etc…

Pour savoir déchiffrer ces expressions, il faut être un des deux : soit un homme des rues égyptiennes, soit une femme draguée !

Flash Back: 

Ma copine française a craqué hier suite à une situation pareille qui se répète chaque jour. Ce n’est pas la première fois qu’elle se plaint, elle en a marre des comportements et des regards des gens dans la rue.  Chaque fois je la calme et on essaye de trouver une solution pour éviter tout contact avec ces embêtements. Mais aujourd’hui l’affaire a atteint son apogée. Elle a éclaté, elle pense à rentrer dans son pays plus tôt que prévu.

« Je ne sais pas si c’est moi, mon caractère, si je suis faible, trop sensible… J’en ai assez, c’est tout. Une sixième main est tombée sur mon corps en pleine rue, une agression de trop. Je ne compte pas les obscénités proférées, les regards gluants, les « I want to f… you ». Pourquoi ? Mais quelles idées, quels rêves animent leurs esprits ? Au début, il y a cinq mois maintenant, je pensais que c’étaient des phénomènes isolés, je n’y portais pas trop d’importance. Aujourd’hui je suis fatiguée. Fatiguée mentalement, humiliée. Humiliée d’être perçue comme un objet de désir. Ma féminité en a pris un coup, je ne m’habille plus qu’en vêtements larges, couverte de la tête aux pieds. Rien n’y fait. »

Recette magique de Nora !

1-      En Egypte tu n’as pas besoin de t’énerver contre les hommes dans les rues, les vendeurs dans les magasins, les serveurs même dans certains cafés, quand ils te draguent, pour le simple fait qu’ils ne font que ça !

2-     Quand ils répètent des mots tels : Psst, gamil, shouf etc, tu n’as qu’à les ignorer, fais semblant que tu n’as même pas entendu ce qu’ils disent !

« Je ne peux pas. Je viens dans un pays pour connaître ses habitants. Je ne peux pas accepter l’idée de marcher les yeux fixés sur le bitume. Je voyage pour rencontrer, échanger, mais je me heurte à un mur ici. Quel décalage entre la religion à profusion et de tels comportements… Quels idéaux suivent-ils ? Un soir, un barbu à calote passe près de moi et me susurre : « I f… you ». Je l’arrête par le bras et le prie de répéter. Il ne me regarde même pas. Lâche, il dit « I think you, think you », plus gêné qu’un gosse qui vient de se faire prendre par sa mère. Il devait avoir la quarantaine. C’est ça le choc des cultures ? »

3-     Tu dois garder dans ton sac à main un déodorant au cas où, si quelqu’un t’énerve ou te touche tu n’as qu’à lui donner quelques goûtes aux yeux !

4-    Fais gaffe en parlant avec les gens dans la rue, et ne parle surtout pas avec eux le soir quand t’es seule !

5-     Essaye de ne pas porter des vêtements provocants car ça peut engendrer des répercussions incontrôlables vu leurs situations incompréhensibles.

Je sais très bien que ce n’est pas logique ce que je viens de dire, et que nous devons trouver une solution vis-à-vis ce problème crucial et non pas l’éviter, mais je n’ai aucune solution. Je sais également que ce qu’ils font n’est pas humain, et on appelle plutôt les chats avec Psst et pas les filles ! Nous les égyptiennes, nous sommes habituées à les entendre dire des expressions pareilles dès qu’on était petite mais on les ignorait complètement, On s’en foutait d’eux. Pour nous ils ne sont que des clochards dans les rues, qui bavardent à tort et à travers. On ne leur donne pas de l’importance, c’est dans notre culture, mais il y a des filles qui les engueulent. Si on est accompagné par des garçons égyptiens ils ne peuvent même pas regarder car ils savent très bien qu’ils peuvent être sévèrement battus. Mais s’il s’agit des étrangers, ils s’en fou ! 

 

FAITS :

Qui drague ?

N’importe quel homme dans les rues égyptiennes.

Est-ce qu’ils se contentent de draguer seulement ?

Non, plusieurs copines françaises

à moi se sont fait touchées par des gosses ou des hommes dans la rue !

 

  Est-ce qu’ils draguent les femmes seulement ?

Non, même les petites filles de 8 et 10 ans !

Est-ce qu’ils draguent les étrangères seulement ?

Non, ils draguent la plupart des filles voilée ou non voilée, étrangère ou égyptienne !

Dans les voitures c’est peut être mieux ?

Non ! C’est même pire parfois car ils te suivent et quand ils s’approchent de la voiture ils te font un clin d’œil, ou te dérangent s’ils conduisent !

Les jeunes seulement draguent ?

Non, et les plus âgés aussi bien que les jeunes !

Qu’est-ce qui dérange le plus ?

Le fait de faire de leurs yeux des cameras qui filment chaque partie du corps, et les paroles dites !

Comment le petit enfant a-t-il appris ça ?

De son père, des vidéos clips qui n’accordent pas récemment beaucoup d’importance à la voix de la chanteuse qu’à son corps !

« Je n’ai pas les moyens de vivre à Maadi ou à Masr Gedida, de me déplacer en voiture pour ne poser les pieds qu’à l’endroit que j’ai choisi. De toute façon j’ai toujours refusé cela : vivre comme un diplomate dans sa cage dorée, loin du peuple que Dieu a créé. Alors si je ne m’y fais pas, je préfère quitter cet endroit. Si ces gens ne veulent pas de moi. J’irai trouver le respect ailleurs, en espérant que le monde ne me décevra pas. »

Par Nora Dardir
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Dimanche 22 avril 2007

     Un fossé se creuse chaque jour en Egypte. L’idée d’égalité sociale semble y être insupportable. Cela se voit aussi bien au niveau des gens qu’aux quartiers. Passer une journée chez les Zabalines, le lendemain d’une visite dans un ghetto pour riches, fut une expérience très difficile. Même pour une égyptienne, le contraste est frappant !
 
Deux mondes opposés qui se croisent rarement et ne se voient jamais. Chacun est emprisonné dans sa tour d’ivoire, coupé de l’autre.
Entre simplicité et extravagance, les styles se distinguent au premier coup d’oeil. Fascinant, le talent de ces architectes qui a fait de ces villas des châteaux où rien n’échappe aux règles de l’ordre et de l’apparence. Et scandaleuse la négligence qui a permis au quartier de zabbalines de devenir une déchetterie où personne ne voudrait vivre. 

Voire certains évoluer dans les ordures et les mouches, infectés par les maladies, tandis que d'autres passent le temps dans la piscines de leur villa fait mal au coeur.
La condition des chiffonniers est révoltante : collecter les ordures pour survivre et permettre aux autres de bien vivre. c'est un comble!
Comme s’il était normal d’accorder tant d’intérêt aux quartiers favorisés au mépris du reste de l’Egypte. Il paraît pourtant important de prêter l’oreille aux demandes de cette population démunie qui n'a pas les moyens de s’exprimer.
 Mais le gouvernement est bien trop occupé à négocier la vente de ses terrains avec des investisseurs, qui construisent ensuite des ghettos luxueux pour la haute société, en plein désert.
Un sentiment de honte, de culpabilité et d’impuissance me ronge. Je n’ai qu’une chose à dire:
O gouvernement ouvre les yeux et traite les citoyens sur le même pied d’égalité!


Nora Dardir
Pour la revue El-Nassim

Par Nora Dardir
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Mardi 22 mai 2007

Mes Conseils pour une meilleure arrestation !

Malek, une star de la blogosphère égyptienne donne ses propres conseils pour une meilleure arrestation. Il a été condamné pour avoir organisé sur son blog plusieurs sit-in . Il a également participé aux diverses manifestations contre le gouvernement. Ce jeune révolté refuse le statu quo de son pays, voire le régime en Egypte.  Des cris, des insultes et des coups de gueules, Malek dit tout sur son blog en arabe. Récemment, il y a mis une liste de conseils pour que l’incarcération des blogeurs égyptiens soit dorénavant merveilleuse.   

Voici quelques uns :   

1-     Si t’es un blogueur égyptien, laisse le numéro de téléphone de ton avocat avec tous les membres de ta famille.   

2-     Quand un policier vient te chercher pour une interpellation, demande lui de patienter quelques minutes, et va vite préparer ton petit bagage pour ta détention.  

3-     Soit calme, oublie ce que tu fais dans les manifestations, ça ne te servira pas.  La peur sera trop évidente même si tu parles fort. Et ne te moques surtout pas du policier (El zabet), car cette même peur va être très vite dévoilée, alors je vous conseille de garder ton silence.    

4-     Si tu te trouves dans un état presque paralysé et que tu ne puisses pas te lever, ce n’est pas de la lâcheté, c’est tout à fait normal. Dès que tu montes en voiture, prends ton livre saint « Coran ou Bible » et commence à en lire quelques parties sans penser à ce qui t’arriveras dans les prochaines heures. Rien ne changera les faits, alors lis ! 

5-     N’entame pas trop de conversations avec ton détenteur, je t’ai déjà prévenu !   

6-     En route ne pose pas de questions, le policier risque de perdre ses nerfs toute suite. Essaye d’éviter des questions bêtes telles : Nous irons où ? Même à tes collègues, qui ne te répondront pas !  

7-     Trop stressé, tu peux chanter à voix basse. (si t’as une mauvaise voix oublie, tu risques trop).   

8-     Regarde souvent des vitres, s’il y en a, pour savoir où ils t’amènent. Si par hasard un de tes collègues cache un portable, tu pourrais informer ton avocat de l’endroit de ta détention, ça évitera des jours de recherches.   

9-     Essaye d’entamer des conversations avec le petit policier (askary) dans la voiture, parfois ça facilite les choses. Qui sait ? Il acceptera, peut-être, t’amener de l’eau et des cigarettes.   

10-    N’oublie pas, la source de cette odeur insupportable est un petit égout tout au fond de la voiture, alors ne t’en approche jamais. Trop dangereux !

Par Nora Dardir
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Vendredi 26 octobre 2007


Selon une étude officielle, l’Egypte compterait quelques six millions de toxicomanes, soit 8,5% de la population. Un bon terrain pour toutes sortes de narcotiques : l’Egypte consomme et produit . Les jeunes de 15 à 25 ans sont les plus touchés. Témoignages

 l'histoire de Karim
"C'est exagéré. Six millions de toxicomanes c'est énorme. En plus, Il ne faut pas confondre : tous ceux qui se droguent ne sont pas des toxicos", lance Karim, 23 ans. Le jeune homme s'est drogué pendant quatre ans. C'est avec un ton calme, mêlé de tristesse, qu'il raconte son expėrience, sa souffrance plutôt. Il y a deux ans, ’il a décidé d'arrêter. "Je ne voulais pas ressembler à un chien qui ne peut pas vivre sans son morceau de viande" raconte-t-il. "Mais de temps à autre, une petite dose fait du bien", reconnaît il dans un sourire.  
Selon un rapport du Conseil national de lutte contre la dépendance à la drogue (NCFTA), l'Egypte compterait quelque six millions de toxicomanes, soit 8,5% de la population. D'après cette enquête, 12,2% des lycéens interrogés ont déclaré se droguer. Karim y voit le symptôme du malaise d'une génération sans avenir, effrayée par le chômage qui se plonge dans la drogue pour lutter contre l'ennui.

Partager un plaisir dangereux
Pou lui tout commence en première année de fac. Tout le monde se drogue, garçons et filles "alors pourquoi pas moi ?", confie-t-il. Il essaye presque tout : le bango (l'herbe locale), l'héroïne et surtout le "hash", dit-il avec un accent anglais prononcé, comme une marque d'un langage à part. Le haschich est le plus consommé par les classes populaires et moyennes égyptiennes. Moins cher, il rend les jeunes plus cool et les problèmes plus simples. C'est pour ces raisons que Karim l’a choisi. Cultivé dans le désert égyptien, c'est un produit local, accessible à tous les jeunes.  
Les ados se regroupent par cinq, chacun paye de 25 à 50 LE pour le consommer ensemble. Pour passer un bon moment, pour devenir d’autres personnes.
Au Caire, les drogues coûtent plus cher. Un "coin", "une pièce" de haschich vaut 100 LE, contre 35 LE à Alexandrie. Certains jeunes voyagent pour le ramener à bas prix d’Alexandrie ou du Fayoum. "Plus on se rapproche de la source, ports ou désert, plus le prix baisse", explique Karim. "Je ne suis pas un toxico. Avant oui mais maintenant non ! A Ramadan, par exemple, j'ai tout arrêté. Pour le respect de ce mois sacré. Les toxicomanes, par contre, ne le  peuvent pas" assure Karim.
Drogues high class
Walid préfère l’héroïne. Ce jeune diplômé fait partie d’une autre classe sociale. Celle des riches, ou les goûts et les genres changent. Ses traits sont purement égyptiens. Cheveux noirs, teint foncé, mais pas son look :  jean large et haut moulant. Il parle rarement en arabe. C’est en anglais qu’il fait ses études dans une grande université internationale du Caire où les droits d'inscriptions représentent plusieurs milliers de livres égyptiennes. "L’héroïne n’est pas mal du tout, elle me laisse dans un bon état : je me sens relaxé. Au contraire, le bango me fait tout oublier, et ça crée des problèmes. Je peux frapper quelqu’un s’il m’énerve," dit Walid. L'héroïne l'accompagne dans toutes ses sorties. Il affirme la consommer pour goûter au vrai plaisir de la vie. Elle est presque de toutes ses soirées.
Livrés à domicile
Une autre sorte de drogue est très répandue pour la jeunesse égyptienne dorée, celle qui a les moyens : l’huile de Haschich. Une petite bouteille en verre, dont le contenu s’étale sur une cigarette. Pour les concerts, les fêtes et les discothèques :  "Il ne faut pas rater les ‘pills’, une sorte de comprimé. Ce genre nous laisse survoltés et hyper contents", détaille Walid. 
Un comprimé coûte environ 130 LE. A commander, car ils les ramènent de l’Europe. Qui ? Les dealers. A entendre Walid, Ils sont partout, ils se reconnaissent aisément : "Ils nous facilitent la tâche. A Maadi par exemple, on commande nos doses par téléphone. Mais service de livraison est réservé aux habitants du quartier."  Partout, les dealers font de leur mieux pour être accessibles, sur le chemin de la côte Nord par exemple, destination courue de vacances et de fiestas. Les dealers attendent leurs victimes. "On leur fait deux fois des appels de phare et on se gare. Ils viennent nous donner ce que nous voulons", affirme Walid. Comme Karim, il ne s'alarme pas des chiffres de la consommation en Egypte. Il pense que presque tous les jeunes Egyptiens se droguent, "comme tous les jeunes sur la planète Terre : de temps à autre".
Ces témoignages désabusés sont à des kilomètres des discours officiels qui refusent généralement de reconnaître le problème et vont jusqu'à nier l’existence des drogues en Egypte.
 

Nora DARDIR
Le petit journal du Caire

Par Nora Dardir
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Samedi 22 décembre 2007

Comme le marché aux puces de Paris, "Souk El-Gomaa " attire des dizaines de milliers d'amateurs. Le souk est ouvert trois jours par semaine, mais le vendredi  est particulièrement couru. On y trouve de tout, même des animaux...
 
Sur la route qui mène à l'autostrade, le pont El-Tounsy relie le vieux Caire avec le reste de l’Egypte. Il ne suffit pas de passer par ce pont pour découvrir le Bazar. Mais il faut se rendre au dessous, là où un autre monde vit entre les cimetières coupés par la route.
Loin de la grandeur de la Citadelle éloignée de quelques centaines de mètres, et loin de l’ambiance touristique, "Souk El-Gomaa", ou le marché du vendredi, se distingue par un air purement populaire. Son toit est le pont, les vêtements sont accrochés à des cintres de fortune fait de bidons de plastique ou  de bois, et la foule est dense. Les vêtements sont de fausses marques peut-être, mais tout est à bon marché.
Des milliers de visiteurs chaque semaine


Des milliers de visiteurs chaque semaine
Ouvert trois jours par semaine, mercredi, jeudi, et vendredi, qui est un jour d'affluence particulière, le souk ne manque de rien. Tout ce que l’on peut imaginer existe : vêtements, chaussures, meubles, objets de décorations, lustres, animaux, céramiques, etc.
Le souk attire des dizaines de milliers de visiteurs chaque semaine. La plupart sont issus des classes moyennes et populaires. Les produits ne sont pas neufs, mais quelques uns sont en bon état. D’ailleurs, un bon nombre de touristes ou d’étrangers résidant en Egypte y font leurs courses.
De même, il existe quelques stands avec des objets appartenant à la "belle époque" : radios, gramophones, saxophones, etc. Le cuivre ne brille plus mais avec un simple nettoyage, le saxophone redevient tout neuf, et se négocie plus de 1000LE. Les cadres sont un peu cassés, mais ne perdent jamais leur valeur. Ce qui y frappe immédiatement : les étalages de photos et de timbres. Ces clichés d’une époque qui n’existe plus, gardent un charme. Ces photos en noir et blanc parlent d’elles-mêmes : un monsieur coiffé d'un tarbouche, une famille sur la plage, une autre réunie pour un mariage. Certaines photos sont minutieusement dédicacées, elles ne coûtent que 5 LE... puis 3 LE, suite à une simple négociation.


Un vendeur amateur

Les marchands de Souk El-Gomaa ne sont pas tous originaires du Caire, la plupart sont venus il y a des années des campagnes égyptiennes pour gagner leur vie.
Am Salah est originaire du sud de l’Egypte, il y a longtemps qu’il habite au Caire. "Là où j’habitais, je ne trouvais même pas l’argent nécessaire pour nourrir ma famille" lance Am Salah. Son coin se distingue par des objets rares : un projecteur des années 70 sert de décor. Il parle avec une sagesse qui laisse prévoir son âge : 70 ans. Son jeune fils l’aide à vendre son propre trésor. "Chaque dimanche, je vais à Shubra où se trouvent les stocks des meubles antiques, j’achète tout ce que je veux" dit-il. Chez Am Salah, il existe de vraies pièces introuvables.
Il sait très bien qu’elles valent des milliers de livres mais pour ce collectionneur, la vie lui a tout donné. "Moi, j’ai gagné tout ce que je voulais de ma vie. J’ai aidé mes filles à se marier, et je ne veux plus rien" affirme le vieux vendeur.




Nora DARDIR. (
www.lepetitjournal.com - Le Caire) vendredi 21 décembre 2007

Par Nora Dardir
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Dimanche 17 février 2008

 

justice.jpg "Le jour de mon excision était un cauchemar." A 25 ans, Afaf, jeune de Menya, un gouvernorat au Sud de l’Egypte, raconte un incident qui a marqué toute sa vie : être excisée publiquement. Elle n’est pas la seule, presque toutes les filles de cette zone font face à cette même torture physique humiliante 

"J’avais dix ans, quand une femme est venue nous forcer à ne pas bouger pour quelques secondes..." C’est avec ces mots que Afaf a commencé son histoire...

En ce jour là, à l’école, le directeur a obligé toutes les fillettes ayant dix ans à obéir à cette dame soi-disant soignante. Sans les prévenir, ni les anesthésier ; les blesser semble être normal pour toute l’équipe enseignante aussi bien que pour leurs parents.

Les yeux en larmes, Afaf se souvient : "Mon tour s’approche, je m’étrangle. Couteau à la main, regard fixé sur une seule partie de mon corps, deux personnes me retiennent des bras, en m’arrachant sévèrement la jupe. Et la sage-femme commence son travail".

Les cris des autres écolières étaient suffisants pour effrayer Afaf. De plus, sa santé était tellement fragile qu'elle a eu de graves problèmes après cette opération dont elle ignore les raisons. Elle explique : "Je ne pouvais pas uriner et j’avais eu un flux de sang énorme." Afaf n’a pas pu sortir de chez elle durant un mois. Tellement humiliée, elle avait honte du regard des autres.

 

Un devoir, une coutume

A Menya, et surtout dans ses quartiers pauvres où l’ignorance des règles sanitaires règne, exciser les fillettes est une "nécessité". Les mères le font afin de "garder la pudeur de leurs filles". Selon Om Ashraf, qui a été elle-même excisée, une telle pratique vise à protéger sa propre fille : "Je veux que ma fille soit polie, je ne veux pas qu’elle cherche à intéresser les garçons."

La plupart des mères à Menya pensent pareillement, elles imaginent qu’exciser leurs filles est un devoir mais aussi une coutume. Et là où les habitudes s’appliquent strictement, les cœurs meurent et les mentalités s’arrêtent. Même si ça va leur coûter la vie d’un être cher, elles ne font que continuer à défendre ce qui leur semble être un devoir...

Avec une voix faible, Afaf poursuit : "Je veux que mes parents comprennent comment ils ont négativement marqué ma vie, jusque maintenant et après 15 ans, je souffre de ce qui m’est arrivé, je pleure et je le regrette énormément."   

Par contre, certaines mères ont décidé de commencer par leurs familles pour arrêter de telles pratiques et pour en faire l’exemple. Grâce aux efforts de quelques jeunes éduquées, comme Afaf, et quelques émissions de télévision luttant contre l’excision.

Afaf est actuellement volontaire dans une ONG à Menya, qui lutte contre la pratique de l’excision sur les fillettes de cette zone. "Moi, le jour de mon excision était un cauchemar, je ne veux pas que ça se reproduise pour les autres filles, et sûrement pas ma fille", conclut-elle.

Nora DARDIR. (www.lepetitjournal.com - Le Caire) mardi 12 février 2008

Par Nora Dardir
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Vendredi 21 mars 2008

L Essam.jpg e départ surprise de Essam El-Hadary, gardien de l’équipe nationale égyptienne de football et du club El-Ahly, fait grand bruit en Egypte. Accusé de trahison, El-Hadary est rentré dans son pays pour s’excuser. L’affaire pousse même les responsables à intervenir

Le président égyptien intervient lui-même dans une affaire de foot, c’est une première en Egypte. En effet, nous avons besoin de son aide pour régler d’autres problèmes plus importants", lance l’écrivain Ossama Anwar Okasha.
A 35 ans, le gardien égyptien numéro un Essam El-Hadary quitte son pays sans achever son contrat avec El-Ahly, premier club égyptien. Essam a décidé de tenter sa chance ailleurs. Sauf que son club, avec qui il joue depuis 1996, n’avait pas approuvé son départ. Par conséquent, El-Ahly dénonce sa fuite. Ses fans deviennent furieux. Et l’affaire occupe toutes les unes de la presse. "La réaction de la presse a fait de cette affaire une grande histoire. Trop de bruit pour rien!" affirme Khouzam, étudiant comorien.
Deux semaines plus tard, l’histoire est devenue une affaire d’Etat. Résultat : El-Hadary rentre dans son pays pour calmer les esprits.
Car les déceptions sont énormes. "Il aurait dû partir pour une somme plus importante. Ou plutôt d'une façon plus respectueuse" affirme Hady Gohar, 25 ans.
Certains fans attendaient El-Hadary à l’aéroport pour le frapper avec des souliers. D’autres ont voulu se venger en cassant et brûlant sa voiture. 

Le pharaon vaut des millions
Il fût un temps, après chaque victoire, les fans d’El-Hadary chantaient "Orous ya Hadary " ("danse Hadary"). Dorénavant ils répètent : "Khayen ya Hadary" ("traître Hadary").
Lors d’un appel téléphonique dans un talk-show, El-Hadary a affirmé qu’ "il ne s’agit pas d’une fuite mais plutôt d’avoir eu une bonne chance à ne pas rater".
Un argument qui ne semble pas convaincre ni son club, ni ses fans. Le problème prend plus d’ampleur et les opinions se multiplient.
Le président Hosny Moubarak, intervient lui-même, incitant le directeur du club El-Ahly "à mettre fin à cette histoire là". De même, la Fifa a envoyé une lettre officielle demandant à El-Ahly d’accorder une autorisation internationale au joueur. 
Par contre, El-Ahly n’a pas encore pris de décision pour régler ce problème. Mais une amende et un arrêt du joueur sont prévus.   
El-Hadary s’est excusé officiellement lors de son retour sur la première chaîne égyptienne. Affirmant qu’il a déjà signé un contrat de trois ans avec le club Suisse "Sion", ce qui n'a pas arrangé son image.
La star égyptienne sera payée 1.250 millions euros pour avoir accepté l’offre suisse. Par contre, le pharaon continue à recevoir des offres plus importantes notamment du côté britannique avec un million de livres sterling. Reste à savoir s’il tiendra sa parole avec Sion.


Nora DARDIR (www.lepetitjournal.com - Le Caire) lundi 17 mars 2008

Par Nora Dardir
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Lundi 14 avril 2008
 

Rédacteur en chef d’El-Doustour, quotidien égyptien opposant par excellence. Ibrahim Eissa, a été condamné à six mois de prison en mars dernier pour avoir publié un article sur la santé du président Moubarak. Il ne s’agit pas d’une blague.


Tout a commencé suite à un appel de Mme Suzanne Moubarak incitant à punir tous journalistes ayant diffusés des rumeurs sur la santé du président égyptien.
Très vite, une plainte a été déposée par un membre du Parti National Démocratique (PND) au pouvoir contre Ibrahim Eissa.
En effet, Ibrahim s’est demandé dans son article paru fin de mois d’août 2007 si la santé du président n’était pas en détérioration. Et bien qu’il ne soit pas le seul à se permettre de traiter un sujet aussi sensible, il a été choisi comme bouc émissaire.
La Cour correctionnelle de Boulak  Abou El-Ela au Caire a tranché l’affaire : six mois de travaux forcés en prison.
Selon les autorités égyptiennes, l’article d’Ibrahim Eissa a nuit à la stabilité du pays et à l’intérêt public. Chose qui a poussé les investisseurs étrangers à retirer leurs fonds d’investissements évalués à 350 million de dollars.

Eissa s’est absenté le jour de la prononciation du verdict. Et il a fait appel en payant une amende de 200 livres Egyptiennes soit 25 euros.
D’autres plaintes existent. La plus récente est contre la rédaction du quotidien El-Dostour pour avoir traité un sujet tabou toujours relatif à la santé du président. Ainsi que pour la parution d’un article dans lequel on se demande: "Qui détient les clés de la caisse personnelle du président Moubarak. Et combien elle contient? "


Un journaliste courageux
Le soir même du jour du verdict, Eissa a affirmé lors d’un talk-show sur une chaine satellitaire: "Je ne pourrai jamais me taire. Je continuerai toujours à rédiger afin de dénoncer la corruption dans mon pays. C’est mon boulot" Les réactions sont multiples. Amnesty International a condamné un tel verdict tout en exhortant les autorités égyptiennes à accorder plus d’espace à la liberté d’expression.
De son côté, C.N.N. a considéré El-Doustour un des quotidiens indépendants les plus osés, ayant pris l’habitude d’adresser au gouvernement des critiques aigües.  La voix de l’Amérique a qualifié Ibrahim Eissa comme étant un des journalistes les plus courageux d’Egypte, en soulignant qu’il est souvent impliqué dans des troubles avec le gouvernement.
Les proches du pouvoir applaudissent à un tel jugement, en particulier les neuf avocats du Président, en fanfaronnant "Yahya El-Adl" -vive la justice, lors de la prononciation du verdict, selon Ibrahim Eissa.
Finalement, un simple citoyen égyptien a félicité Ibrahim suite à sa condamnation, disant: "Mabrouk ya Am ! Au moins, tu mangeras gratuitement en prison des lentilles dont le kilo coûte neuf livres égyptiennes (1.5 euros). Et tu auras le pain, sans te faire tuer en faisant la queue!"


Nora DARDIR (
www.lepetitjournal.com - Le Caire) lundi 14 avril 2008
Par Nora Dardir
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 «Si vous êtes toujours en vie, c’est que vous n’êtes pas encore arrivé là où vous deviez arriver» «Ne pas marchander lorsque l’occasion se présente, cela fait partie de l’art de vivre» «Nous avons marché si vite que nous ne savons plus ce que nous faisons. maintenant nous devons attendre que nos âmes nous rejoignent» «Là où la dureté ne fait que détruire, la douceur parvient à sculpter»«Etre ensemble avec un but commun et permettre que chacun se développe à sa manière, voilà le chemin de ceux qui désirent communiquer avec Dieu»«Celui qui vole pour moi finira par me voler» «Certaines choses dans la vie portent le sceau qui dit :Vous ne comprendrez ma valeur que lorsque vous m’aurez perdu et retrouvé »«Celui qui pardonne nettoie et parfume son propre cœur» «Si nous sommes tolérants envers les autres il nous est plus facile d’accepter nos propres erreurs » «Ne laissez jamais l’habitude commander vos actes » «J’ai gaspillé ma vie, c’est l’une des pires phrases que l’ont puisse entendre» «Si quelque chose vous insatisfait, arrêtez-vous sur-le-champ »
Paulo Coelho
«Pour nous, le faire est révélateur de l’être, chaque geste dessine des figures nouvelles sur la terre, chaque technique, chaque outil est un sens ouvert sur le monde, les choses ont autant de visages qu’il y a de manières de s’en servir. Nous ne sommes plus avec ceux qui veulent posséder le monde mais avec ceux qui veulent le changer »
Jean-paul Sartre
«En vérité, ce monde était d’une cruelle simplicité, mais les grands penseurs à qui avait été dévolue la tâche de l’expliquer aux profanes ne pouvaient se résoudre à l’accepter te quel, de peur d’être taxés d’esprits primaires. Par ailleurs, on courait trop de risques à vouloir expliquer les choses d’une manière simple et objective.»
Albert Cossery

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