Marhaba!

  • : Noraldine
  • Recommander ce blog
  • : Ahlan wassahlan sur mon blog! Je suis née en Egypte, je suis une jeune journaliste et traductrice et je veux tout changer! Noraldine22@yahoo.com

Recherche

Texte Libre

D’autres que moi auraient parlé de " racines" …

 Ce n’est pas mon vocabulaire. Je n’aime pas le mot "racines",

et l’image encore moins. Les racines s’enfouissent dans le sol,

se contorsionnent dans la boue, s’épanouissent dans les ténèbres ;

 elles retiennent l’arbre captif des la naissance,

 et le nourrissent au prix d’un chantage :

 « Tu te libères, tu meurs ! »

Amin Maalouf

Concours

W3C

  • Flux RSS des articles

Journal de Nora

Mercredi 3 octobre 2007

Mosaïque d'idées!

C'est dimanche, fin de week-end en France, début de semaine en Egypte, mon pays. Je m'ennuis, une idée me vient en tête: me balader toute seule pour découvrir la capitale où je vis depuis un mois maintenant, et prendre quelques photos. C'est aussi un temps de méditation, dont j'ai vraiment besoin. Je me promène d'abord à Courbevoie où je viens d'emménager en collocation avec deux Françaises. En banlieue c'est différent, ce n'est pas aussi animé qu'à Paris. Au mois d'août, je logeais au pied de Montmartre, l'ambiance y était gaie le dimanche matin.

Je marche un peu, l'air frais m'encourage à continuer, je marche trop, je me fatigue. En rentrant, un jeune Turc me demande comment aller à la Défense. Je ne suis pas du tout experte, il y a un mois que je suis en France mais je connais déjà pas mal de choses. Prendre le métro, par exemple. Au début, c'était pour moi une catastrophe avec ses centaines de lignes. Mais maintenant, je me débrouille bien.

Je me dirige vers le Forum des Halles, mon endroit préféré à Paris. Voir un film? Peut-être pas aujourd'hui, devant le trop grand choix de films à l'affiche, je change d'avis. Je sors me balader un peu pour respirer de l'air frais. Il est déjà 17 h, il fait beau et il y a un tas de monde partout. Chacun fait ce qu'il veut, chacun est dans son propre monde, chacun jouit de son temps. Un peu plus loin, une chose attire mon attention : quelques jeunes font une marche et s'arrêtent brusquement. Des petits cartons en mains, sur lesquels il est écrit : "Hugs for free". ("câlins gratuits") Serrer quelqu'un qu'on ne connaît pas, comme ça, ça m'intrigue? Je les prends en photo, c'est nouveau.

J'arrive à un lieu qui m'est cher, à deux pas de la rue du Louvre, c'est le centre Pompidou. Incontournable. Une conception pas comme les autres, on dirait plutôt celle d'un manège. Ici, l'art ancien cède la place à l'art moderne. Devant cet énorme édifice, loin des gadgets, des cinémas et des débats sérieux à l'intérieur, le site appelle les rêveurs au farniente, dehors. Le soleil est généreux. Les sons des musiciens sur les pavés caressent les esprits. Français, Chinois qu'importe l'origine, les langues s'entremêlent. Tout le monde est assis par terre pour faire partie du tableau, ce beau tableau qui inspire les artistes. En face, ceux qui veulent gagner leur vie attendent, mais pas pour longtemps. Ils attirent les touristes comme les miettes attirent les pigeons. Ce jeune arrange bien ses toiles pour les exposer. Juste à côté, un autre préfère passer à l'action. Une chaise. Un crayon. Le portrait est fait en quelques minutes pour dix euros. Les uns lisent, les autres dorment. Tout se passe dans un silence agréable. Un clown passe pour dessiner un sourire sur les lèvres des réveillés. Seuls les cris d'un bébé qui refuse d'être placé dans sa poussette rappellent aux rêveurs de garder les pieds sur Terre.

Par Nora Dardir
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Jeudi 18 octobre 2007

Hadji : "Je ne compte pas rentrer au Bled"

 

Dimanche soir. Je me promène tard le soir. Hadji, un jeune Algérien m'arrête. On discute. Il me raconte son histoire. Je l'écoute. Ça me rappelle d'autres histoires que j'ai entendues. Toutes en France. La plupart à Paris. Voici mon témoignage.

 "Je suis venu il y a trois ans en France et je ne suis jamais rentré au Bled ". C'est ce que m'a raconté Hadji. Un jeune sans-papiers en France. Il n'est pas le seul. Plusieurs sont comme lui. Maghrébins, Egyptiens, Japonais ou Chinois. Tous vivent dans des conditions déplorables. Cinq dans un petit appartement. Ils se partagent le loyer. La plupart travaille dans le bâtiment. Un métier très demandé en France. Et par manque de main d'oeuvre française dans ce domaine, les étrangers les remplacent. Clandestinement. D'autres cherchent toujours un travail. Mais pour l'instant ils sont là.

 Hadji a 26 ans. D'une cabine, il appelle sa famille de temps à autre. C'est moins cher que de son portable. Il travaille dur pour pouvoir payer sa vie. "Rien que le loyer et la nourriture, c'est déjà cher". Il vient de déménager. Son colloc' tunisien va se marier. Hadji lui laisse les lieux. Et habite un peu plus loin de son travail maintenant. Il n'est pas très content. Mais obligé. Pour lui, c'est décidé : "Je ne compte pas rentrer au Bled. Je vais me marier ici. Vivre sans papiers ne me dérange pas." Ce sont ses mots, enfin, si je me rappelle bien.

On me raconte la même histoire presque tous les jours. Seuls les personnages changent. Mais le scénario est le même. Depuis mon arrivée en France, j'essaye de comprendre ces mentalités-là. J'essaye d'avoir plus de discussions avec ces jeunes qui refusent de rentrer dans leurs pays. Venir et disparaître dans la nature est le rêve de presque tous ces jeunes. Qui acceptent l'humiliation. Le mépris. Et la vie au noir.

La semaine d'avant, j'ai rencontré des Irakiens. Dans un magasin, Hussein est venu me parler. Il vient d'arriver en France suite à la guerre chez lui. Moi je comprends. La situation doit être impossible. Ses sentiments et tout ça, moi je veux les connaître. Il m'explique qu'il n'est pas envisageable de rentrer, que l'Irak n'existe plus, et comment la vie les a amenés ici. Hussein et ses deux amis partagent le même logement. Ils ne trouvent pas de travail. Grâce à leurs petites amies françaises, ils peuvent manger. Mais ils ne supportent plus cette vie. Hussein "ressemble à l'acteur égyptien Hany Salama", s'amuse-t-il. Il a le teint foncé et les cheveux noirs lissés.

Vivre clandestinement est une solution pour certains, une indignation pour d'autres. Ashraf est égyptien. Il travaille aussi dans le bâtiment. Il gagne sa vie et s'endort le soir, totalement épuisé. Il aide ses collègues égyptiens à trouver un emploi. Débrouillard. Il ne se lasse pas de cette situation. Il vit tranquillement. Sans se sentir en danger. Ashraf partage son toit avec plusieurs Egyptiens. Ici, ils s'aident. "Les Egyptiens viennent travailler dur pour quelques années, ils économisent tout, rentrent pour se marier et commencer une vraie vie chez eux", confie Hadji.

Pauvreté, guerres ou conditions de vie lamentables, ces gens quittent leurs pays pour le "paradis" : l'Occident. Ils se rendent compte trop tard qu'il n'y a pas de purgatoire et que c'est plutôt l'enfer. Ils tentent de tout faire pour vivre heureux mais ils ne le sont ni ici, ni chez eux.

Par Nora Dardir
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 10 novembre 2007

 C’est un dimanche. J’habite à deux pas de Montmartre. Devant moi un parc, calme.  Je prends mon bouquin et j’y vais. Sur un banc, je m’installe. La verdure inspire. L’air frais rempli les poumons. Suite à une semaine dure de travail. Je respire et je médite.   

 Les chants des oiseaux ne me dérangent pas, au contraire. Les enfants qui jouent au foot ne crient pas. Tout se passe doucement. Tout encadre cette journée sympa du dimanche matin. Je commence à me plonger dans mon bouquin. De temps à autre j’observe quelques enfants. Très mignons. Ils jouaient ensemble. Ils étaient contents. Le rythme se poursuit. Rien n’interrompe ce silence agréable qui capte les esprits. Une chose vient tout bouleverser : Une discussion. Je n’étais pas obligé de me concentrer pour en savoir les détails. Elle avait la voix tellement haute. Cette vieille femme. Cheveux à la garçonne. Lunettes carrées. Elle était tellement ivre et parlait à très haute voix à un monsieur qui était ivre lui aussi. Elle parlait de son village et de la modernisation qui a tout bouleversé. Je n’arrive plus à me concentrer dans mon bouquin. Je le ferme et j’attends un peu. Entre le mouvement de ses petites créatures qui jouent. Je me perds. Chacun veut prendre le ballon à lui-même. Dans un autre coin du parc, une petite «Zidane» apparaît. Une des mères l’appelle comme ça. Elle prenait la balle, et courait avec, comme un vrai joueur de foot. Elle était forte. Tout le monde la regarde: La star. Avec une casquette mis à l’envers, un t-shirt large comme son jean. La voix de la vieille femme s’approche. Elle ne parle plus à son compagnon. Elle est juste devant moi. Et j’aperçois qu’elle me parle. Je laisse les enfants dans leur monde. Et je reviens au mien. « Pourrai-je m’asseoir à côté de toi mademoiselle ?» me demande-t-elle. Je lui fais signe que c’est ok. Le monsieur s’en va et elle commence sa longue discussion, voire monologue avec moi. Je pose mon bouquin de côté et je lui prête oreille. Il y a une heure qu’elle parle. Elle me conseille de ne pas commencer avec les drogues, surtout les joints. Elle m’explique à quel point c’est dangereux, notamment pour mes enfants. Sans attendre ma réponse, elle crée une image de moi une mère qui ramène ses enfants pour jouer au parc. J’ai senti une telle spontanéité en ce qu’elle dit. «Ton mari aussi, il doit faire attention à ça, tu dois lui prévenir.» Cette femme parle de tout. Elle a beaucoup d’informations. Comme j’aimerai la voir dans un autre état. Pour savoir si c’était sa vraie personnalité. Je tache à suivre tout ce qu’elle dit et elle parle. Je portais un foulard vert. Le vert était fort. Apparemment la couleur l’a marquée. Je me lève et je m’excuse pour m’en aller. Elle me demande : «Alors, tu prends pas tes enfants ?». Je lui dis que je n’ai pas d’enfants. Elle réfléchit un peu, puis elle me demande de revenir tous les jours avec le même foulard.  Son compagnon arrive. Il s’assit à côté d’elle et lui donne à boire. Pas encore, elle sera plus ivre que jamais, dis-je dans ma tête. Je ne sais même pas comment ils vont rentrer dans un tel état. Seule information que j’ai réussie à lui donner. Je viens de l’Egypte. Elle dit à son ami: Mademoiselle vient de l’Egypte.  Et elle commence à chanter plus haut que jamais. ‘Salma ya salama Rohna we gena bel salama’.. de Dalida. C’est sympa, ça se passe comme ça avec les vedettes:) Le lendemain, je prends le bus. Elle prend le même. Elle me regarde. Elle ne me reconnaît pas. Elle a tout oublié mais moi j’ai tout en tête. Ses paroles, ses conversations et surtout sa chanson, moi j'étais éveillée. Elle me dit avec gentillesse : «Bonjour mademoiselle.» Je la réponds et je m’en vais. Peut-être mon visage lui dit quelque chose. Elle me regarde avec un grand sourire, et j’aperçois que à chaque jour son histoire, il faut bien être éveillé pour ne pas la rater.  

Par Nora Dardir
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Lundi 25 février 2008
pokerpubliee-copie-2.jpg Fut un temps où les méthodes de vol étaient simples et traditionnelles : soutirer un porte-monnaie d’un sac à main ou une carte de crédit d’une poche. Aujourd'hui, avec la technologie, l'escroquerie a évolué. 
En voici une par téléphone.

Témoignage
Tôt le matin. Mon portable sonne. Je décroche. Ahmed Abdel Raouf se présente. C'est un téléopérateur de Vodafone. Il me félicite : "Mabrouk ! Vous avez gagné 5.000 LE !"
Gagner comme ça, c’est sympa ! Pourtant, je doute un peu et je lui demande s’il ne se moque pas de moi, s’il ne plaisante pas ?
"Non, non", affirme-t-il. "Vous pouvez même passer prendre votre prix tout de suite", ajoute-t-il avant de me donner l’adresse du siège de Vodafone à Mohandessin. Tellement convaincant. Je le crois.
Juste une petite chose : Je dois acheter sur le champ une carte pour recharger mon téléphone, la somme que j’ai n’est pas suffisante, comme me l’a dit Ahmed.
J’achète une carte de 100 LE, j’attends son coup de fil. Comme il m’a prévenu : "Je dois être au téléphone avec vous en faisant entrer le code, sinon vous ne gagnez rien." J’obéis.
Je vois deux de mes amis. Je leur raconte mon histoire en attendant le temps qu’il m’appelle. Ils éclatent de rire et me disent : "Mais tu es trop naïve, il va te demander le code de ta nouvelle carte pour recharger la sienne !"
A la fois embarrassée et énervée, je commence à mieux saisir la situation. Il a bien joué son jeu, et c’est à moi de prendre la main maintenant.
Quand l’escroc devient furieux

Il m’appelle. Et dès qu’il apprend que j’ai déjà rechargé ma carte, chose que je n’ai pas réellement faite, il s’énerve et il me dit qu’il me rappellera.
Son style est unique et ne manque pas de confiance, sans les conseils de mes collègues, j’aurais suivi toutes ses explications. Heureusement, j’ai évité de me sentir toute bête.

Quand l’escroc est tenace
Il me rappelle et me demande d’appeler le service électronique de Vodafone. Puis d’appuyer sur le 2 dès qu’une voix me dit "Marhaba" sans même attendre les consignes.
Et là, mon ami rigole pour la deuxième fois, en me demandant d’oublier cette histoire là. Tellement rusé, Ahmed veut que je lui transfère la somme récemment mise sur ma carte. Intelligent, mais moins que moi, surtout après les conseils de mes copains.
Furieux, il m’appelle pour la énième fois ce jour-là. Et me demande de suivre les étapes suivantes immédiatement. Je réponds en toute confiance cette fois-ci : "J’ai tout fait, exactement comme vous me l’avez dit. Mais quand j’appuie sur le 2, la dame me demande d’insérer le numéro pour lequel je veux transférer le crédit. Chose que je ne veux pas faire.
Il me répond : "Mais vraiment t’es une fille maline." Je raccroche finalement, très fière.
Nora DARDIR. (
www.lepetitjournal.com - Le Caire) lundi 25 février 2008
Par Nora Dardir
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 16 mars 2008

Ma sœur a eu un bébé

undefined «Réveille-toi, ta sœur est allée à l’hôpital» a lancé mon père! 
Il paraît que j’étais tellement épuisée. Il est 10h00. Normalement, je me réveille avant. Surtout pas après 9h00. 
Je saute de mon lit. Je mets ce que je trouve devant moi : un jean et un T-shirt et je descends. Je conduis vite, et oui !
 
Flash-back : 
Samedi soir je mets un programme pour dimanche matin : Je me promène le matin, à Maadi. Tranquille. Je passe au coiffeur. Ensuite, je regarde le film «Caramel» au ciné. Plan annulé! 
Toute mignonne, je la trouve allongée sur le lit. Ma petite sœur. Elle a peur. Je l’embrasse. 
Tous les membres de la famille viennent. L’un après l’autre. La chambre se remplit. Je n’aime pas quand il s’agit d’occasion comme ça. Les générations ne se comprennent pas. Mais bon, ils restent toujours sympas! 
Surtout les grand-mères. Elles pensent tout le temps qu’on maigrit, et qu’on bosse très dure. Quand, je vais chez la mienne, elle me ramène toute la nourriture qu’elle a dans son frigo. Et ne cesse pas de me demander de manger. 
Tout est délicieux. Mais je ne dois pas oublier ma ligne. En plus, je n’aime pas, les trucs gras.  
 
Ma sœur a un grand ventre. Sa gynécologue lui a dit qu’elle aura un garçon. Il y a un an qu’elle s'est mariée avec Karim. Ils habitent à Rehab. Loin de Maadi, où j’habite moi.

Et pour aller chez eux. C’est la catastrophe! Je me perds à chaque fois. Soit en allant, ou en rentrant. Pour moi, tout ça c’est le désert. En fait, on me dit que je n’ai pas le sens d’orientation !   
Karim ramène à manger de la cafeteria. Je bois mon thé, mais rien ne change mon état : un mal à la tête terrible. 
Son médecin arrive, elle nous prévient qu’elle aura son bébé dans une heure inshala. Wow. Trop vite. Tant mieux, ma sœur ne voulait plus son gros ventre. Il y a un mois qu’elle le répéte. Déjà, elle est trop petite et avec un ventre pareil, ce n’est plus proportionnel : Un ballon en hélium gonflé : ) 
Elle descend, et on attend… 
Une demi-heure plus tard, elle nous appelle. Elle a bien accouché un joli garçon : Ali est son nom. Logiquement, je suis sa tante non? 
On descend. On l’observe des vitres. Un joli bébé, mignon comme tout. 
Quand, l’infirmière nous le fait sortir pour nous le montrer. Il nous regarde un peu. On crie : « Trop petit. Trop joli.» 
Il commence à pleurer.  On fait du bruit. «Pauvre petit, c’est ton premier jour sur terre. Tu n’as rien vu. Sourie.»

Par Nora Dardir
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 25 avril 2008

 

Comme c'est merveilleux de me reposer après deux semaines de fatigue et de stress.
De vouloir dire : Khalas ! Basta !

Interprète pour une équipe qui bossera sur les problèmes des enfants des rues, mon rôle était important. Car parfois les expressions sur les visages de ces quelques égyptiens me poussaient à développer d’avantage dans le même sens. Même si le formateur ne le fait pas.

Une nouvelle expérience sans doute. J’étais d’une manière ou d’une autre, une des formateurs et l’interprète. 

Très difficile. Moi-même je n’ai pas eu cette formation. Avec ses termes médicaux et très techniques.

Passant par des études des cas, des fiches à remplir, des interventions à traduire. Ce n’était pas facile. Surtout quand il s’agit d’un dialogue. Je traduisais dans les deux sens. Arabe français et vice versa. Un peu d’imagination : Tennis de table. Le sport ! Je n’étais pas la table, mais la balle : ) 
Je buvais 2 ou 3 cafés chaque jour pour mieux me concentrer. Et bien réagir dans les deux langues à tout moment.  

La formation durait six jours. Dont trois traitants des thèmes généraux. Et trois jours de formation psychologique.  Celle de l’enfant !

J’ai pas fait des études en psychologie moi.

Les trois premiers jours étaient ok. Difficile toujours mais Mafish moshkela kebira!  Les trois derniers jours Kan fih Moshkela kebira !

En fait, monsieur le psychologue. Le formateur, je veux dire, lui manquait une chose dans ses paroles. Tout simplement le fil qui lie ses idées!

 Je m’explique. Il commence à parler d’un enfant qui vit dans la rue et qui souffre d’une maltraitance. Bien tout ça. Sauf qu’il ne termine pas sa phrase.

Soudainement, il s’arrête. Il plaisante un peu. Il raconte une autre histoire. Je la traduis. Il me demande si je vais rédiger un article sur eux.

Puis de traduire un certain mot. Qui n’a rien à voir avec ce qu’il dit. Et de le rédiger dans son carnet.  

Ensuite, moi je devais me souvenir de ce qu’il a dit au début pour le traduire aux «spectateurs».  Impossible! 

Parfois, ses phrases ne donnaient aucun sens. Et par conséquent, les miennes aussi!

Ca me dérangeait énormément le fait de traduire sans réussir à me rendre compte de l’information donnée. Or parfois il y en avait aucune!

C’était dur. Mais je me suis ensortie. Je me suis mise à la place de l’équipe : C’est dommage de rater la formation pour ça. Tout en essayant de transmettre l’idée à tout prix!

Au final, la formation était réussie. Le psychologue m’a beaucoup remercié pour ma patience et mon super travail. Car normalement les traducteurs pètent un plomb avec lui. C’est ce qu’il m’a dit !

Tout en ajoutant: «Quand tu seras un jour ma traductrice dans une conférence scientifique, je te présenterai à tous mes collègues car t’es la seule à m’avoir supporté.»
J’allais pleurer!

Par Nora Dardir
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 5 mai 2008

  Il est 5 heures du matin. Nous sommes déjà à Mahalla El-Kobra. Là où les émeutes étaient les plus chaudes le 6 Avril dernier. En revanche, il parait que la grève est forcement pacifique cette fois-ci : le 4 Mai à Mahala, rien de  particulier. Les Egyptiens n’ont même pas le droit de célébrer l’anniversaire de leur président!  Le silence règne, les magasins fermés et la police partout.  


Le syndicaliste dont nous devrions interviewer s’est désisté à la dernière minute : «Je suis épuisé, je ne peux pas descendre de chez moi aujourd’hui.» lance-t-il le matin au téléphone.

Décidément, il nous a fait venir jusqu’ici pour rien. Il a eu peur à la dernière minute. La veille, il était d’accord : « les manifestations n’auront pas lieu demain, tout le monde porte un haut noir  au boulot. Et un boycott de consommation durera trois jours. Mais si les policiers commencent à lancer des lacrymogènes et de tirer comme le jour du 6, nous allons réagir! C'est important que vous soyez là!» affirme-t-il

A 9 heures, seuls certains petits kiosques sont ouverts. Une ville morte. Pas de transports en communs. Rien!

 Yeux baissés, les quelques passagers, suivent leurs chemins. Pourtant, les policiers sont partout et soupçonnent tous les passants.

Une voiture immatriculée « Privée le Caire » a soulevé les soupçons : La nôtre!
Un homme en civil note le numéro de la plaque. Il a vu nos cameras. Comment faire? Pense-t-on? On se gare relativement loin. A l’ombre pour ne pas attirer l’attention. Mais assez près pour ne rien rater.
Une heure plus tard, une voiture de police s’arrête devant nous, les policiers nous demandent: «Ce qu’on fait là?»
Spontanément, j’invente une histoire : «Ils sont mes amis, on est venu pour passer la journée ici, mais apparemment ce n’est pas le bon jour! Pas un seul resto ouvert, on a faim.» dis-je en souriant.
Ma réponse ne semble pas convaincre le policier, ni son chef qui vient plus tard: Une égyptienne, visiblement pas originaire de Mahala, deux étrangers et un chauffeur. C’est du déjà vu !
 Surtout qu’il n’y a pas longtemps, un journaliste américain et sa traductrice ont été arrêtés dans la même zone. 
Il monte en voiture avec nous et on va jusqu'au rond-point El-Chaune, là où une dizaine de grandes voitures de polices sont installées. Toutes les émeutes du 6 Avril s'y sont passées.
«Vos pièces d’identités!»
On les sors. Ensuite un officier vient me demander de descendre de la voiture. J’obéis.
Effectivement, pour eux, je suis la seule personne responsable : de la situation et de la traduction! Ils ne parlent même pas un mot anglais ces officiers ! 
Ils me font entrer dans une pièce, où se trouve un bon nombre de grands policiers.
Des plats de Kebab et du Tehina sur une grande table. C’est pourquoi ils sont tous gros! Mais tous les restos sont fermés!  
Je commence à inventer des scènes, voire faire du théâtre. Mais rien ne les convainc. Surtout après l’arrivée de l’officier qui nous a vus deux jours avant à Mahala et qui nous a obligés à partir!  La situation se complique. Il me regarde et me dit : «Toi ! Encore une fois!»
«Et si on trouve un seul officier sur vos images!»
Un policier m’accompagne jusqu'à la voiture et la fouille. Il confisque les cameras et ferme la voiture en nous obligeant à y rester. Quatorze policiers nous entourent. Bloqués nous les trois derrière. Il fait chaud.
Le grand officier revient. Et m'affirme : «Si on trouve un seul policier sur vos images, vous êtes en prison!»
Ensuite, il nous demande de donner nos portables. On refuse. Ils insistent. On donne. Il me demande ma carte Sim. Il y a quelques minutes que je l’ai mise dans la poche de mon jean. Ils insistent. J’insiste. Il tire mon sac. Vide tout ce que j’ai sur le toit de la voiture.
Je cris : «Laisse», et je pousse la porte pour descendre. Il frappe fort sur la portière en me fixant le regard aux yeux. Je me calme un peu.
Il fouille tout. Je déteste qu’on fouille dans mes affaires. Ca m’énerve. Mais, je ne craque pas. Il me fait sortir mon MP3, dont il ignore l’utilité et me demande si ça filme? «Non, c’est pour écouter de la musique» je réponds.
Il passe mon appareil numérique à un autre policier. Je n’aime pas ça! En plus, ils ne savent même pas comment l’allumer. Je l’allume, et je leur montre qu’il n’y a pas de photos. 
Un autre vient, il m’oblige à le suivre, là où se trouvent les deux plus hauts officiers. Ils me cuisinent. Tant de questions. Tant de menaces : «Vous trois, si on vous trouve encore une fois là, on vous arrête sur le champ!» 
Je dis : «C’est mon pays, vous m’interdisez de visiter ses gouvernorats», l'un d'eux me dit «Voilà, tu as tout compris. Prochaine fois, il n’y aura pas de merci comme cette fois-ci!»

Par Nora Dardir
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Samedi 14 juin 2008

 

Lundi, j’ai tourné une page dans ma vie. Hamdoula !
Pour deux longues semaines, j'ai bossé, sur un rapport de formation des enfants des rues.
Et pour la deuxième fois, j’ai accepté de le faire, «sans problème, je vais m’en occuper de la traduction.» ai-je dit à la directrice.
Dès lors, ma vie s’est arrêtée! 
De 26 pages, se compose mon cher rapport. Mais la page vaut deux : l’écriture y est minuscule et l’information est lourde. Comme vous le savez déjà : psychologie. Et blabla.

Tout mon entourage a eu marre de ce rapport. « Nora, viens-tu à la soirée ?», «Tu veux manger au resto Fefela ce soir ?», «Viens-tu à la réunion du journal ce soir ? », « Nora, tu veux bien t’occuper de Zen un peu?».
Et ma réponse était la même pendant ces deux semaines «traumatiques» . Là, il faut noter que j’utilise un des termes traduit au moins 100 fois tout au long des 26 pages. Au moins ! 
Revenant à ma réponse, elle était toujours : « Mmm, je veux bien, mais je ne peux pas, je dois bosser sur le rapport!»
Anyway, je suis fière de moi. Fin pas trop, je l’ai envoyé avec un peu de retard quand même, mais bon, la directrice a bien compris que ce n’était pas de ma faute.
Certains pensent que traduire est une chose très simple, et moi je dis : NON !
Traduire, ce n’est pas avoir un dico près de soi. Vérifier certains termes et hop, les copier coller. Encore une fois : NON !
La traduction c’est un art, c’est penser avec une langue et  tout convertir en une autre langue. Traduire c’est expliquer, c’est jouer sur la formulation de la phrase et avant tout comprendre le sens et se faire comprendre.
Des milliers utilisent l’outil de traduction google, et pensent que c’est impeccable.
Personnellement, je pense qu’ils ont tort car ils font confiance à la capacité de compréhension d’une machine. 
Bilingue ? Tire n’importe quel paragraphe d’un journal et traduis-le dans ce fameux  outil  vers une langue que vous connaissez bien.
Résultat : vous ne trouverez souvent aucune logique dans la phrase. Et c’est normal, la logique c’est que pour l’Homme !
Alors, google va traduire les choses parfois d’une manière marrante. Aywa :)
Chose qui me rappelle de Moaz, mon collègue. Une fois, il a essayé de traduire le mot « Elbess » dans une phrase comme : « Elbess ya 7elw ba2a ! »
Généralement, le terme «Elbess» en arabe veut dire s’habiller. Mais, ici c’est péjoratif, on veut dire par là : « tu t’es implanté, assume ton choix». Rien à voir donc avec les vêtements. Mashi?

Par Nora Dardir
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Texte libre

 «Si vous êtes toujours en vie, c’est que vous n’êtes pas encore arrivé là où vous deviez arriver» «Ne pas marchander lorsque l’occasion se présente, cela fait partie de l’art de vivre» «Nous avons marché si vite que nous ne savons plus ce que nous faisons. maintenant nous devons attendre que nos âmes nous rejoignent» «Là où la dureté ne fait que détruire, la douceur parvient à sculpter»«Etre ensemble avec un but commun et permettre que chacun se développe à sa manière, voilà le chemin de ceux qui désirent communiquer avec Dieu»«Celui qui vole pour moi finira par me voler» «Certaines choses dans la vie portent le sceau qui dit :Vous ne comprendrez ma valeur que lorsque vous m’aurez perdu et retrouvé »«Celui qui pardonne nettoie et parfume son propre cœur» «Si nous sommes tolérants envers les autres il nous est plus facile d’accepter nos propres erreurs » «Ne laissez jamais l’habitude commander vos actes » «J’ai gaspillé ma vie, c’est l’une des pires phrases que l’ont puisse entendre» «Si quelque chose vous insatisfait, arrêtez-vous sur-le-champ »
Paulo Coelho
«Pour nous, le faire est révélateur de l’être, chaque geste dessine des figures nouvelles sur la terre, chaque technique, chaque outil est un sens ouvert sur le monde, les choses ont autant de visages qu’il y a de manières de s’en servir. Nous ne sommes plus avec ceux qui veulent posséder le monde mais avec ceux qui veulent le changer »
Jean-paul Sartre
«En vérité, ce monde était d’une cruelle simplicité, mais les grands penseurs à qui avait été dévolue la tâche de l’expliquer aux profanes ne pouvaient se résoudre à l’accepter te quel, de peur d’être taxés d’esprits primaires. Par ailleurs, on courait trop de risques à vouloir expliquer les choses d’une manière simple et objective.»
Albert Cossery

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés